
Melissmell @ PDZ, Besançon, 6 novembre 2009
Walors, ne pas aimer Melissmell, c’est comme traiter Mère Teresa de pute. Ça se fait pas. Elle a tout pour plaire, une voix de feu (certains évoquent Cantat, Brel ou Joplin), un gratteux avé une solide main droite et un violoncelliste. C’est wockenwoll ça, le violoncelle. Même quand c’est un mec qui en joue.
En termes d’énergie, Melissmell a la gouaille des chanteuses réalistes de l’entre-deux guerres et quand elle croise un regard dans le public, elle y déverse toute son ardeur. Par moments, elle me met la chair de poule et quand ils reprennent Mercedes Benz, ça va à fucking dame. Seulement voilà.
Sur la forme, je suis atteint du Lara Fabian syndroma et me sens globalement moins agressé à un concert de metal que par les voix surpuissantes. Sur le fond, genre un morceau est dédié à Saez. Dans mes souvenirs, c’est un gars qui fait rimer France, Souffrance, Sens et Rance. En même temps, je connais pas très bien.
N'empêche, quand une chanson, Démocratie, est présentée comme étant "inspirée par Rimbaud et Ferré, sur les accords de Noir Désir", ça me fait une impression rillette-beurre-sirop d’érable. Sûrement mon côté connard considérant que, parfois, il fait savoir mesure garder (ouais ouais, vous pouvez prononcer ces derniers mots en imitant Balladur, je formaliserai pas).
Sinon, comme prévu, il y a régate de filles. En croisant le regard d’un mec en blouson de motard, pour faire bonne mesure, j’y fais les yeux "toi-aussi-t’as-été-traîné-là-par-ta-meuf". Sauf que ce social-traître a vraiment une meuf et bouge des épaules en riddim. D’ailleurs, toute l’audience est sous le charme. Après tout, Mère Teresa n’était pas une pute.
Photo /// Nat. W.
Note de l'Hémisphère Cérébral Relecteur : "Régate de filles" est une expression Sebbouzze-copyright.
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