
David Lafore @ Les Passagers du Zinc, Besançon, 19 septembre 2009
Avertissement de l'Hémisphère Cérébral Relecteur : autant le concert était fendard, autant cette chronique est formellement chiante (le titre est déjà un indice sérieux).
Ambiance cabaret aux PDZ. La quinzaine de spectateurs s'installent aux tables éclairées à la bougie. David Lafore, en fait le personnage qu'il interprète [je précise parce, infra, que je le traite de connard et que des lecteurs n'ont pas saisi la nuance, NHCR], avance gauchement sur scène. Il porte une gratte au vernis niqué par une main droite qu'on devine vénère à l'occasion.
Le type salue chaque spectateur, avant d'enchaîner : "Bonsoir, je m'appelle David. Je fais des chansons. On peut dire que je suis chanteur". La phrase fait sourire. Comme un retardataire arrive. Il la ressort. Une seconde retardataire, il la reressort. Le gars a le public dans sa poche, sans avoir sorti une note. Moi j'en suis déjà à deux fucking paragraphes.
Ça débute avec Je suis toute mouillée. "Celle-là, je la chante fort bien", fanfaronne-t-il. Alors ouais, après la timidité liminaire, le personnage mute rapidement vers le puant. Et que je te passe la main dans les mèches en évoquant "le chef-d'œuvre composé en un après-midi". Et que "cet accordeur sert à tester mon oreille absolue". Le tout sorti avec des yeux mi-clos et le regard biaiseux.
Le genre de connard fini qui, dans un réflexe darwinien de ses petits camarades, se fait labourer la gueule au cour primaire. Je sais ce que c'est, ça m'est arrivé. Ce qui me console, c'est que mon tourmenteur d'alors vient d'épouser un cageot. Bref, Lafore est un sociopathe qui engueule le public quand les chœurs réclamés ne sont pas à son goût, avant de tenter : "allez, imaginez que vous êtes Hervé Vilard, quoi".
Les digressions hilarantes font penser à l'égotisme cultivé par Philippe Caubère au théâââtre. Et, comme sur certains morceaux de Dominique A, les textes ne retombent pas pile sur leurs pieds, en termes de mélodie.
Sinon, en vrac. Il y a une reprise du Sway de Dean Martin, lui-même issu du mambo Quien será de Pablo Beltran Ruiz, et qui a inspiré un tube fameux de cette première moitié du XXIème siècle. Un cri du corbeau "pas hyper au point" et, last but not least, un solo avé le pied de micro en guise de bootleneck. Le genre de performance qu'on pensait perdue pour l'Humanité, depuis le split de Ludwig von 88.
Bon, c'était chiant à lire, mais venez pas dire qu'on vous a pas prévenus, NHCR. Wallez, comme vous avez tenu jusque-là, je vous fait un hidden-paragraphe :
En discutant avec Lafore, aftershow, il me disait que la chanson J'ai massacré tout un pays a été écrite suite à une rencontre avec une jeune femme, lors d'un concert en hôpital psychiatrique. Elle souhaitait le rétablissement de la peine de mort. Pour elle. La femme répétait "j'ai massacré tout un pays, j'ai massacré tout un pays". Elle parlait de son frère. On a repris un verre.
Photo /// DR.
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