Rageous Gratoons @ Cour du Musée du Temps, Besançon – 7 août 2009Woï, ça part mal, avec une intro bien mollasse. Pourtant, à côté de moi, une meuf se met à onduler au quart de tour. « Encore une instit' qui danse le madison aux mariages », comme dirait Flo, un pote. Bon, au bout de 10 minutes, le public fini par se lever de chaise. Pour aller sous les arcades, se mettre à l'abri de la pluie fine. C'est vrai que ça aide pas franchement les Rageous Gratoons à mettre le feu.
Une centaine d'intrépides s'approche quand même de la scène, à l'invitation du chanteur. De près, avec les vibrations enveloppantes de la contrebasse, le folk klezmero-celto-caribéen passe un peu mieux. Une complainte fait notamment penser à ces chansons turques qui louent la beauté d'un sourcil (les conneries qu'on peut sortir pour tirer un coup). Dans leurs meilleurs instants, les Bordelais font penser au chaloupement de 3 Bandits par Bumcello et le chanteur a un plutôt bel accent bosniaque dans les morceaux en anglais.
Mais, dans les moments plus chiants – et ils sont pas rares – on pense à de méchants génériques de séries télé... genre Médecins de nuit ou NYPD Blues. A plusieurs reprises, je me penche pour voir ce que branle le guitariste. L'éclairage, un jeu transparent et son expression de visage mutique lui donnent un faux-air de Chuck Norris. Bref, comme il n'y a ni de bar, ni assez de lumière pour mater les meufs au-delà d'un rayon de 2 mètres, je trouve le temps long.
Bon, il y a bien un morceau qui commence par un sample de contrebasse un rien coquin. Lancinant et hypnotique, il dégage une impression de modernité qui fait ressortir en creux le côté poussiéreux du concert jusqu'alors. Il y a une montée sympa. On se dit qu'ils vont enfin défoncer les cloisons de la caravane. Et non. Du coup, on se souvient que les gars sont bordelais (prononcer le mot à voix haute).
Ça s'énerve sur la fin avec un dub massif construit autour d'une contrebasse épatante d'agressivité grasse et le violon distordu qui assure le skank. On regrette que ce grain de folie soit si tardif. Pendant ce temps, Silent Chuck continue sa grève.
Photo : Silent Chuck /// DR
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