vendredi 7 août 2009
Henri Cartier-Bresson - ding ! ding ! round ouane...
Henri Cartier-Bresson, l'imaginaire d'après nature @ Musée d'Art moderne de Paris, jusqu'au 13 septembre 2009
En ce moment, il y a régate (© Sebbouze, un pote) d'expos consacrées à Cartier-Bresson un peu partout. Pour admirer celle du Musée d'Art moderne de Paris, il a fallu attendre un quart d'heure que le système de billettique de toouuus les sites de la capitale soit rebooté. Welcome in Moldavia.
Bon, en attendant, ça roule. Devant moi, il y a trois robes légères, dont une portée par une tout-juste majeure de fou. L'été de mes 18 piges, je fabriquais des fosses septiques en Allemagne… On n'a pas la vie qu'on mérite. Mais ça va, mes parents se sont déjà excusés de m'avoir fait fils d'ouvrier. Bref, les touristes s'impatientent (« ouais putain, nous aussi », se dit in petto la frange la plus punk-koikeskia du lectorat). La machina fini par cracher son billet. Go.
Entrer dans une expo de HCB, c'est comme commander un-curry-un-garlic-nan-un-thé-au-lait-en-même-temps-s'il-vous-plait-et-un-brouilly-s'il-est-frais-sinon-une-carlsberg-merci dans un indien du côté de La Chapelle. On sait qu'on va se faire éclater. Et là, ça déroge pas à la règle.
Il y a du connu... Le défilé à la mémoire des victimes de Charonne, entre dignité et incrédulité face aux événements. Les bottines du clochard de la Villette. Un imper traversant la rue d'Alésia, avec Giacometti dedans. Le reflet des cordages de voiliers dans une vitrine de café sur le Vieux Port. D'ailleurs, « l'œil du siècle » aime bien tourner le dos au sujet. Quand Elizabeth II ou De Gaulle étaient en virée, il devait être le seul à shooter les badauds, comme ces vieilles dames et leur chien qui regardent passer le grand Charles à Rouergue.
Il y a aussi des photos moins familières mais qui illustrent toujours bien le concept d'instant décisif cher à Cartier-Bresson. Ce timing rare. Le gars a quand même croisé Gandhi une demi-heure avant qu'il se fasse assassiner (un peu comme Weegee qui photographie un clochard deux minutes avant qu'il se fasse renverser... bon, il le reprend aussi deux minutes après).
Ça donne parfois des clichés tordants. Comme ce curé en soutane et chapeau de padre vissé sur la tête qui marche derrière une vieille dame. Sous le porche de l'église, à côté d'eux, un couple de chiens baise au soleil.
Voilà, rien que pour cette marrade (j'ai pas réussi à trouver le cliché sur le web), ça valait le coup d'attendre. Mais bon, l'expo de la Maison Européenne de la Photo était vachement plus chouette. See you donc pour le round tou d'ici quelques jours...
Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?
Après l'expo, je fais un tour dans le reste du Musée où « certaines œuvres sont susceptibles de heurter la sensibilité du public ». Putain, c'est pas ma sensibilité que ça a heurté. Déjà, il y a le pauvre Jean-Luc Moulène. Avec ses photos, il est un peu à Cartier-Bresson ce que Martine Aubry est à Jaurès... sympathique, mais sans réelle envergure.
Et ça enchaine avec des purges sur toile. Pour dire la fange traversée, La Guerre de Marcel Gromaire, que je déteste pourtant depuis l'âge de 7 ans, constitue un îlot auquel je rattache un vague intérêt. Mais un Vase de fleurs de Picabia fini de me noyer... même sa daronne lui aurait jeté à la gueule, s'il lui avait offert pour la fête des mères.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire