samedi 29 août 2009

Comme au temps du syndicat (verbatim #1)

"Verbatim", parce que j'ai pas envie de faire de chroniques des livres que j'aime...

Extrait de Parfois je ris tout seul de Jean-Paul Dubois (Éditions Points), recueil de micro-textes dépassant rarement la demi-page. Certains sont touchants, d'autres drôles ; parfois ils sont les deux. Sans vouloir faire le smart-ass, les noms Walkowiak et Bartali, ci-dessous, ne sont pas purement fictifs.

A l'usine, aujourd'hui, Walkowiak a eu un malaise. Il s'est évanoui. Évidemment, Bartali, le chef du personnel, a rappliqué pour voir ce qui se passait. Quand il a constaté que Walkowiak reprenait ses esprits, il a demandé à tout le monde de se remettre au travail. Walko y compris. Comme je suis le plus ancien de l'atelier, c'est moi qui ai parlé. J'ai dit : «Walko y rentre chez lui». Bartali n'a pas supporté que je le contredise. Il a pris une colère terrible et m'a engueulé devant toute l'équipe. Du coup, les gars ont regagné leur poste. Walko y compris. Bartali a crié : «le temps où les syndicats faisaient la loi, c'est fini !». Il n'avait pas terminé sa phrase que Walko retombait dans les pommes. Bartali s'est précipité vers lui et lui a soulevé la nuque. Walko a ouvert des yeux de diable et a hurlé : «Enculé Bartali !». Et tout l'atelier s'est mis à scander : «En-cu-lé Bar-ta-li, en-cu-lé Bar-ta-li !». Comme au temps du syndicat.

dimanche 23 août 2009

Dans ta face, Vénus ou « si la photographie n'est pas de l'art, alors tant pis pour l'art »


Fernandino Scianna, La Géométrie et la Passion @ Maison Européenne de la Photo, Paris, jusqu'au 11 octobre 2009

La Géométrie et la Passion. Bizarre cette association. Un peu comme si on tombait sur une Bérengère Corona en soirée... on aurait du mal à situer. Bon, une recherche Google infructueuse sur le sujet laisse supposer que la rencontre a peu de chance de se concrétiser et, concernant Fernandino Scianna, ça roule : la première rétrospective française lui étant consacrée est plutôt du genre Corona.

Le Sicilien a notamment réalisé une série consacrée à Marpessa, un mannequin néerlandais bizarrement méconnu, tant, pour le coup, elle concilie géométrie et passion (clin d'œil appuyé à la frange la plus beauf du lectorat, par ailleurs obligée de se taper l'illustration avé le môme, plutôt qu'un
couasi nu bien senti, sorry guys).

Un cliché montre le modèle en coulisses d'un défilé milanais. Des mains la maquillent, la coiffent ou lui portent une pomme à la bouche. Elle a le regard d'un veau qu'on mène à l'abattoir... Toujours dans la série «y a une justice, même les beaux en chient», une Éthiopienne sublime ploie sous un panier de gravats. Dans ta face, Vénus.

Scianna a pas mal bourlingué, entre beauté et rugosité. À Beyrouth, en 1976, les miliciens chrétiens customisent leurs mitraillettes avé des portraits de la Vierge sur la crosse. On devait pas souvent les faire chier sur le côté kitsch du tuning. En 1985, il saisit des Angels dans le métro new-yorkais. Des gars dont le hobby consistait à assurer la sécurité des passagers. Dans la rame, il y a une pub pour les scuibis Oreo.

Au-delà de ses voyages, le photographe reste Italien et c'est son pays natal qu'il montre le mieux. Des
jumeaux romains de 8 piges ont déjà des gueules de petites teignes bad ass. On retrouve cette fuck-you-attitude dans les propos du gars : «Si la photographie n'est pas de l'art, alors tant pis pour l'art».

Ma qué, on va pas repasser le bac philo en tranchant la question ici, mais sa tof du môme, prise lors des Saints Alfio et Filadelfo en 1963, n'en demeure pas moins fascinante. Tout y est... les côtes du ptiot au bord de la rupture, sa culotte christique, la dévotion des grands-mères et surtout les grosses mains anonymes du padre, dont on ne sait s'il va bénir le bambino ou le bouffer (Note de l'Hémisphère Cérébral Relecteur : d'abord, on avait écrit «l'enculer», mais ça faisait pas joli).

Y en a plus, je vous le mets quand même ?

La Mep consacre aussi, jusqu'au 30 août, une partie de ses cimaises au New Sentimental Journey d'Alair Gomes. Le Brésilien en virée européenne, early eighties, y donne une vision toute personnelle de la statuaire antique ou Renaissance. De quoi devenir notamment incollable sur le scrotum du David de Michel-Ange. Et en regardant les sculptures de Phidias, sous un angle savamment choisi, on se dit que les Grecs devaient déjà avoir inventé l'éjac' faciale. Mais ça, c'est pas réellement une surprise.

Photo : Fête catholique des Saints Alfio et Filadelfo, Trecatagni, Sicile, Italie, 1963 /// F. Scianna

vendredi 14 août 2009

Henri Cartier-Bresson – ding ! ding ! round tou !


Henri Cartier-Bresson, à vue d'œil @ Maison Européenne de la Photo, Paris, jusqu'au 30 août 2009 (faut pas traîner les gars)

Ça va rien dire à personne, hormis les deux autistes du fond, mais «ding ! ding ! round two !» est une ponctuation de la mort, dans le rap illustrant une pub Nike, early 90's. Bon, on se dit que la transition avec Cartier-Bresson va être coton. D'ailleurs, je vous invite dans l'intimité de la rédaction de cette review.

Là, tout de suite, mes voisins écoutent du dub. J'ai une grosse envie de double-homicide et si j'apprends au juge qu'il y a eu un solo de sitar (ouais sur du dub... la Convention de Genève demeure curieusement vague sur le sujet), je suis sûr de m'en tirer avé des circonstances atténuantes. Avec un peu de chance, je me retrouverai dans une prison-modèle. Comme celle où Cartier-Bresson a immortalisé deux membres à la révolte vaine. Hophop, le chat est retombé sur ses pattes et roulez jeunesse...

Alors, certes, c'est pas élégant comme transition, voire «épais», diraient les plus esthètes, s'ils n'avaient pas zappé l'article à «pub Nike». Mais, dans le genre «après tout, pourquoi s'embarrasser avec les détails, Fernande ?», la Maison Européenne de la Photo monte bien son expo HCB, pour célébrer le centenaire de la naissance d'un gars qui a vu le jour en 1908. Alors, oui, le monde danse le smurf au bord du précipice. Autant fermer ici la parenthèse making-of, se carrer une rose entre les dents et entrer dans la danse.

La MEP a rassemblé plus de 300 tofs de «l'œil du siècle». Plus de 300 mines de détails, avec toujours et encore «l'instant décisif» déjà évoqué dans le round ouane. Il y a l'archi-connu «Derrière la Gare Saint-Lazare» (1932), où le temps semble s'être figé pour la seule fois, depuis l'origine du monde (pas le tableau, hein). Mais le faiseur d'éternité se charge de démolir lui-même le mythe : «dès qu'une photo est saisie, elle entre dans le passé». Ce passé, généreux et triste à la fois, où les chiens sont beaux et les gamins sales, du côté de Bougival.

HCB a été un fucking témoin du siècle (Note de l'Hémisphère Cérébral Relecteur : «témoin du siècle» est une locution prête-à-écrire grossière... carton jaune), en étant notamment le premier photographe occidental à pénétrer dans l'U.R.S.S déstalinisante de 1954. Il en a tiré des clichés qui démythifiaient le Soviétique. Bon, la veine parcourant le bras de cet ouvrier, qui tient une clé de 72, se pose quand même là, niveau mythe stakhanoviste. On efface la contremaître avec Photoshop et on a fait la couv' de Têtu (by the way, y en avait beaucoup des femmes contremaîtres en France, en '54 ?).

Cartier-Bresson saisit aussi les derniers labours au pied des grands ensembles de Massy, en 1969. Dans le champ, un panneau proclame «TERAIN A VENDE». En écho : «dès qu'une photo est saisie...». Cinq ans plus tard, a priori sans lien de cause à effet, il arrête le photoreportage pour se consacrer au portrait et au dessin. L'œil se fermera définitivement en 2004.

Le regard qu'il aurait porté sur nos jours me manque. Mais bon, on va pas la jouer Cabrel-c'était-mieux-avant, hein. Il y a aujourd'hui de sacrés gars, genre Stanley Greene ou tous ceux que l'on retrouve dans la revue Polka et qui témoignent de la danse du monde (NHCR : «Polka» ?!, «la danse du monde» ?! hé mais putain, c'est quoi cette déclinaison lexicale de merde. Carton rouge, man...).

Photo /// HCB

mercredi 12 août 2009

Blood, sweat and tears aux Passagers...


"Du sang, de la sueur et des larmes"... et ouaie, rien de moins que Churchill pour évoquer la soirée bisonto-mix aux Passagers du Zinc, le 12 septembre prochain. Bon, on a quand même laissé tomber la partie "souffrance" du speech du bouledogue anglais. On pouvait pas laisser Thierry péter des rotules au pied-de-biche, à l'entrée.

Le blood

L'Ulaan Baatar Pop Crew, quatuor composé de deux Dj's (dont un parti aux fraises pour un temps) et de deux graphistes/vidéastes, ne se contente pas de faire danser les filles sur les rythmes endiablés des jeunes groupes rock à la mode. Il revisite l'Histoire du wockenwoll, la met en images pour magnifier une musique qui n'en finit plus de renaître de ses cendres.

Ce collectif, fidèle à son éthique de subversion et à son insoumission vis-à-vis des diktats du rock bourgeois, a décidé de faire tomber les frontières entre groupes à minettes et groupes de mecs. C'est donc avec beaucoup de classe qu'ils mixent du punk à l'electro, des Clash à ABBA (ouais bon, là y a débat parfois au sein de la cellule).


Que ce soit au son des Stone Roses ou de Kaiser Chiefs, de Daft Punk ou de Kylie Minogue, il est absolument impossible de résister à l'envie de bouger au riddim des images mixées en direct par deux esthètes qui élèvent le VJing au rang d'Art Majeur. Bref, comme le disent les jeunes gens d'aujourd'hui, "l'UBPC, ça déchire !".


La sweat

Comme on peut le lire dans la bio officielle du Random Krew, "Random, c'est 90 minutes de concentré de culture électronique diffusé chaque semaine en direct sur Radio Campus Paris". Et ça fait maintenant six ans que ça dure.

Alors, ok, Besançon c'est pas Croydon, South London, mais aux Passagers du Zinc, c'est un concentré de culture
dubstep/grime/uk bass music qui prendra aux tripes et fera transpirer les filles. By the way, "suburbia is more underground than urban. and sub because of subs" (Martyn à propos de son track suburbia).


Les tears

Alors, il fallait quelqu'un pour faire pleurer les filles. Comme le week-end du 12 septembre, Julien Clerc était déjà booké à la Fête de l'Huma, c'est tombé sur Nils. Autant dire que la Bisontine sera inspirée en étant du genre über-sensible, parce qu'il va falloir qu'elle soit capable de sangloter en écoutant les
Beastie Boys, Otis Redding, Santogold ou Lofofora.

Bref, du son qui fait tchikitchi ou boum boum, histoire de mettre la soirée sur orbite, à défaut de faire pleurer les birds. Encore que, avec Nils, elles sont nombreuses à chouiner pour que ça s'arrête. Cette fois, il aura au moins l'excuse d'avoir passé
les Shériff.


Affiche /// TheGryf.

lundi 10 août 2009

Un grain de folie et des poussières

Rageous Gratoons @ Cour du Musée du Temps, Besançon – 7 août 2009

Woï, ça part mal, avec une intro bien mollasse. Pourtant, à côté de moi, une meuf se met à onduler au quart de tour. « Encore une instit' qui danse le madison aux mariages », comme dirait Flo, un pote. Bon, au bout de 10 minutes, le public fini par se lever de chaise. Pour aller sous les arcades, se mettre à l'abri de la pluie fine. C'est vrai que ça aide pas franchement les
Rageous Gratoons à mettre le feu.

Une centaine d'intrépides s'approche quand même de la scène, à l'invitation du chanteur. De près, avec les vibrations enveloppantes de la contrebasse, le folk klezmero-celto-caribéen passe un peu mieux. Une complainte fait notamment penser à ces
chansons turques qui louent la beauté d'un sourcil (les conneries qu'on peut sortir pour tirer un coup). Dans leurs meilleurs instants, les Bordelais font penser au chaloupement de 3 Bandits par Bumcello et le chanteur a un plutôt bel accent bosniaque dans les morceaux en anglais.

Mais, dans les moments plus chiants – et ils sont pas rares – on pense à de méchants génériques de séries télé... genre Médecins de nuit ou NYPD Blues. A plusieurs reprises, je me penche pour voir ce que branle le guitariste. L'éclairage, un jeu transparent et son expression de visage mutique lui donnent un faux-air de Chuck Norris. Bref, comme il n'y a ni de bar, ni assez de lumière pour mater les meufs au-delà d'un rayon de 2 mètres, je trouve le temps long.

Bon, il y a bien un morceau qui commence par un sample de contrebasse un rien coquin. Lancinant et hypnotique, il dégage une impression de modernité qui fait ressortir en creux le côté poussiéreux du concert jusqu'alors. Il y a une montée sympa. On se dit qu'ils vont enfin défoncer les cloisons de la caravane. Et non. Du coup, on se souvient que les gars sont bordelais (prononcer le mot à voix haute).

Ça s'énerve sur la fin avec un dub massif construit autour d'une contrebasse épatante d'agressivité grasse et le violon distordu qui assure le skank. On regrette que ce grain de folie soit si tardif. Pendant ce temps, Silent Chuck continue sa grève.


Photo : Silent Chuck /// DR

vendredi 7 août 2009

Henri Cartier-Bresson - ding ! ding ! round ouane...

Mômes, gros monsieur et fenêtres foutraques à Madrid (1933) /// HCB

Henri Cartier-Bresson, l'imaginaire d'après nature @ Musée d'Art moderne de Paris, jusqu'au 13 septembre 2009

En ce moment, il y a régate (© Sebbouze, un pote) d'expos consacrées à
Cartier-Bresson un peu partout. Pour admirer celle du Musée d'Art moderne de Paris, il a fallu attendre un quart d'heure que le système de billettique de toouuus les sites de la capitale soit rebooté. Welcome in Moldavia.

Bon, en attendant, ça roule. Devant moi, il y a trois robes légères, dont une portée par une tout-juste majeure de fou. L'été de mes 18 piges, je fabriquais des fosses septiques en Allemagne… On n'a pas la vie qu'on mérite. Mais ça va, mes parents se sont déjà excusés de m'avoir fait fils d'ouvrier. Bref, les touristes s'impatientent (« ouais putain, nous aussi », se dit in petto la frange la plus punk-koikeskia du lectorat). La machina fini par cracher son billet. Go.

Entrer dans une expo de HCB, c'est comme commander un-curry-un-garlic-nan-un-thé-au-lait-en-même-temps-s'il-vous-plait-et-un-brouilly-s'il-est-frais-sinon-une-carlsberg-merci dans un indien du côté de La Chapelle. On sait qu'on va se faire éclater. Et là, ça déroge pas à la règle.

Il y a du connu... Le défilé à la mémoire des victimes de Charonne, entre dignité et incrédulité face aux événements. Les bottines du clochard de la Villette. Un imper traversant la rue d'Alésia, avec
Giacometti dedans. Le reflet des cordages de voiliers dans une vitrine de café sur le Vieux Port. D'ailleurs, « l'œil du siècle » aime bien tourner le dos au sujet. Quand Elizabeth II ou De Gaulle étaient en virée, il devait être le seul à shooter les badauds, comme ces vieilles dames et leur chien qui regardent passer le grand Charles à Rouergue.

Il y a aussi des photos moins familières mais qui illustrent toujours bien le concept d'instant décisif cher à Cartier-Bresson. Ce timing rare. Le gars a quand même croisé Gandhi une demi-heure avant qu'il se fasse assassiner (un peu comme
Weegee qui photographie un clochard deux minutes avant qu'il se fasse renverser... bon, il le reprend aussi deux minutes après).


Ça donne parfois des clichés tordants. Comme ce curé en soutane et chapeau de padre vissé sur la tête qui marche derrière une vieille dame. Sous le porche de l'église, à côté d'eux, un couple de chiens baise au soleil.

Voilà, rien que pour cette marrade (j'ai pas réussi à trouver le cliché sur le web), ça valait le coup d'attendre. Mais bon, l'expo de la Maison Européenne de la Photo était vachement plus chouette. See you donc pour le
round tou d'ici quelques jours...

Y en a un peu plus, je vous le mets quand même ?

Après l'expo, je fais un tour dans le reste du Musée où « certaines œuvres sont susceptibles de heurter la sensibilité du public ». Putain, c'est pas ma sensibilité que ça a heurté. Déjà, il y a le pauvre Jean-Luc Moulène. Avec ses photos, il est un peu à Cartier-Bresson ce que Martine Aubry est à Jaurès... sympathique, mais sans réelle envergure.


Et ça enchaine avec des purges sur toile. Pour dire la fange traversée, La Guerre de Marcel Gromaire, que je déteste pourtant depuis l'âge de 7 ans, constitue un îlot auquel je rattache un vague intérêt. Mais un Vase de fleurs de Picabia fini de me noyer... même sa daronne lui aurait jeté à la gueule, s'il lui avait offert pour la fête des mères.

mercredi 5 août 2009

J'ai cru coucher avec une Annie Girardot jeune

Une des plus chouettes photos de la galaxie : Betty at the Port Glasgow Town Hall X-Mas Party /// Mark Neville

Planète Parr – La collection de Martin Parr @ Le Jeu de Paume, Paris – jusqu'au 27 septembre 2009

Martin Parr est le photographe des classes moyennes et des loisirs de masse. Pour sa série Small World, c'est avec empathie, mais sans illusion – bon, c'est chiant à lire, mais c'est dans la note de présentation de l'expo et pas totalement faux – qu'il en fait ressortir le ridicule. Plutôt rigolo, mais en même temps, comme le dit en gros l'artiste, « on est tous le blaireau de quelqu'un, hein ».

Martin Parr est aussi le photographe de l'über-jet-set. Pour sa série Luxury, c'est avec empathie et sans illusion (poufpouf), qu'il en fait ressortir le grotesque. On y apprend qu'un paquet de Lay's n'est pas voué à échouer devant un Laval-Bastia, en coupe de la ligue retransmis sur FR3. Certains, dans un élan capraïen, finissent ainsi sur le champ de courses à Chantilly, à côté de cadavres de Moët.

L'artiste anglais est surtout un fucking collectionneur de petits objets qui racontent l'Histoire. Il y a des salières ou des réveils célébrant la première sortie de Gagarine dans l'espace, des barres de chocolat Spice Girls ou encore une soixantaine de montres à l'effigie de Saddam, moustachu régnant ou barbu gaulé.

Plus loin, on voit une cible de fléchette, made in England, à l'effigie de Maggie « Poll Tax » Thatcher. Un mur entier d'assiettes-souvenirs rappelle les longues grèves, mid-eighties, des mineurs, avec leurs dénouements funestes. On y lit « Dignity, Valour and Courage ». Forcément, la juxtaposition avec la série Luxury renforce la dignité du combat. Oï, oï.

Parr est aussi un fucking cartophile. Bon, c'est moins exotique qu'être
schoïnopentaxophile, mais plus fun à exposer. Il y a ainsi une série de cartes postales sur la période des thirty glorieuses faisant la part belle à l'art ménager, les autoroutes ou les lieux de villégiature en batterie.

Ridicule ? On a surtout l'impression que c'est la seule période où le monde a réellement été en couleurs, avant de retourner au noir et blanc, avé un bouton de fièvre au coin de la lèvre. Dans le genre stigmate d'une croissance folle, l'Agecroft Power Station de John Davies se pose là. Oui bon, Parr présente aussi une partie de sa collec' de photo.

Il y a notamment une des photos les plus chouettes de la galaxie : Betty at the Port Glasgow Town Hall X-Mas Party de Mark Neville. Je pourrais rester des heures devant, tant la somme de détails est hallucinante. Il y a aussi un épatant J'ai cru voir Liz Taylor et Robert Mitchum dans l'antichambre du Commercial de
Graham Smith (c'est la 4e tof sur ce lien). Moi, par exemple, j'ai cru coucher avec une Annie Girardot jeune, une Carole Rousseau moins télégénique et une Roger Milla en plus canadienne.

lundi 3 août 2009

Quand la dernière raclette de l'année rencontre le premier barbeuss

The HOP LA ! @ Cousty Bar, Besançon – 11 juin 2009

The HOP LA !, comme feu les Shériff de Montpellier dont le chanteur-gratteux est issu, sont restés bloqués à 16 ans d'âge mental. Le genre de wockenwoll qui roule à mobylette, en mettant les pieds dans les virages... tout pour l'attaque. Au foot, ça jouerait avec onze avants-centres.

Et ouaie, niveau musical, on n'est pas là pour réinventer la poudre mais y foutre le feu. Le chanteur prend son souffle et c'est «UNDEUTROIQUAT' !»... Comme feu
les Shériff, quand ils mettaient les deux doigts dans la prise, The HOP LA ! enchaînent les morceaux direc', sans refaire le monde.

Le pumpak pumpak d'un morceau démarre, limite hors-jeu, sur les derniers larsens de la chanson précédente. Un peu à l'image de ces trop rares week-ends où la dernière raclette de l'année rencontre le premier barbeuss (concept culinaire cher à Xavier, un pote).

Sinon, les textes témoignent d'un regard qui n'a pas changé sur la vie, depuis feu les Shériff. Notamment sur les relations de couple, avec un Tu Fais Chier bien massif. Sinon bis, à côté de moi, un gars porte un tee-shirt avec une
photo de Diane Arbus, que j'aime bien.

Comme je suis tanké pas loin de la scène, j'ai aussi un point de vue sympa sur Arthur Rimbaud, tatoué sur le bras du bassiste, et la set-list. Je mouille mon froc en découvrant que le prochain morceau est Fanatik, une de mes chansons préf' de feu les Shériff.

Et le concert file à tombeau ouvert pour se terminer en Pagaille Générale. Cool. Ça enchaîne derrière avec le heavy horror rock de
Black Zombie Procession. Le chanteur se pointe et pose une bouteille d'eau à ses pied. Il la reprend et crache dedans, histoire que personne ne lui la gaule. Je faisais pareil avec mon dessert à la cantine.


Photo (où on voit Arthur) /// Lolotte