mardi 14 juillet 2009

Quand Lino reprend Motörhead...


Les Métaux Lourds @ Les Bains Douches de Besançon – 20 mai 2009

Hard-rock acoustique. Pas un oxymore, mais presque. Là, ce sont les quinquagénaires (à la louche) des Métaux Lourds qui s'y collent en investissant les Bains Douches de Besançon, en fin d'après-midi. Une fois n'est pas coutume, il y a de jolies filles dans le public. Bon, elles sont là avec leurs mômes et attendent le début du cours de relaxation qui se déroule dans une salle voisine, juste après le live, mais ça fait plaisir. Tiens au passage, il existe un autre Live At The Bains Douches fameux : Joy Division en 1979, avec un Disorder volcanique.

Avant tout, Les Métaux ce sont des tronches. Le gratteux-chanteur, avec débardeur et bras poilus assortis, ressemble à un bûcheron sortant des Grandes Gueules, avé Bourvil et Lino Ventura. Le percussionniste a la touche d'un forain gitano-irlandais qui pourrait garder le sourire tout en te mettant un coup de schlass dans le bide. Bon, les deux autres gratteux sont des chevelus plus classiques dans le genre.


Niveau zik', il n'y a que de la reprise épaisse... un Satan's Bed de Pearl Jam bien chaloupé, un Walk All Over You d'AC/DC gouailleur ou encore un morceau d'ABBA (et ouaie) non identifié. Il y a du texte aussi : « King Size Jones d'Imperial Crowns parle de MST masculine, heureusement les mômes comprendront pas », sourit Joe la Bûche. « On peut toujours faire des mimes », rétorque une grosse voix. Petit bémol, avec la reprise de Hard To Handle d'Otis Redding manquant un poil de liant. Mais globalement ça roule.


Les variations de volume ont toujours une saveur particulière avec l'acoustique. Gros sons et travail plus fin alternent. Le forain passe des gros coups de paume au chatouillis du bout des doigts, pendant que la voix nue charrie son lot de rocaille. Au fil des morceaux, les cordes vocales se rapprochent d'ailleurs de la rupture.

Et les rappels (Be My Baby de Motörhead et Oxygen Reaction des Parigo-Montpelierrains de Servo) n'arrangent pas la situation. Alors que le public, conquis, veut jouer la prolongation, Lino hisse le drapeau blanc et souffle d'une voix de la même couleur : « en fait, on nous signale que le cours de relaxation vient de commencer ». Je me disais aussi qu'il y avait moins de meufs sur la fin.


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