jeudi 16 juillet 2009

Les eaux lourdes


Membrane @ Médiathèque Bayle, Besançon – 11 juin 2009

Sur son flyer, Membrane présente son nouvel album, A Story Of Blood And Violence, en évoquant « une puissance ulcérée » et des sentiments, « entre colère et désespoir ». C'est pas faux.

Face au déluge de basses grasses, de grattes aux flux-reflux aliénants, on a l'impression de passer le concert sur le pont d'un bateau pris dans la tempête, les bras en croix à gueuler face aux éléments.

Dans ces eaux lourdes, les sirènes attirent les marins à grands coups de grattes désespérées, mais préviennent tout de suite qu'elles sont là pour te désosser. Et ouaie. Membrane, c'est noise. Ça joue vite, fort et torturé. Bon, Chemical Cocktail, un morceau plus classique, ou plus accessible c'est selon, frappe particulièrement l'oreille à la première écoute. Du wockenwoll dont les vibrations passent au niveau des épaules, c'est assez rare pour être signalé.

Le tout est carré. Comme disait un gars dans le public, la zik est tellement placée qu'on est proche de la performance genre artistique. Fre, le batteur chez qui j'avais fini au hasard d'une virée il y a quelques temps, autour d'un Côtes du Jura (ça je le dis pour le côté déontologique, genre je suis vaguement lié à un protagoniste traité dans c'te review) confessait pourtant deux-trois réglagles à apporter.

Plutôt marrant à mater le Fre en concert. Très grimaçant. Il fait penser aux visages contorsionnés des trembleurs, ces traumatisés de la Grande Guerre, qui en avaient trop fait, trop subi, trop vu. A Story Of Blood And Violence.

Photo /// Steward Ravel

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