mardi 14 juillet 2009

Il est plusieurs et ils vont tous très bien


Boogers @ Les Passagers du Zinc, Besançon – le 20 mai 2009

Je me taboure au bar, en attendant le début du concert de Boogers. Un couple s'enquiert de l'heure du début du live, rapport-à-la-baby-sitter-prévue-jusqu'à-minuit-seulement. Aux Passagers du Zinc, c'est comme une étape du Tour de France, t'as le départ symbolique sur les flyers – 21h00 – et le départ réel, en gros 22h00. Au bar, un gars commande une « vodka légère ».

Un quart d'heure plus tard, le même type déboule sur scène en manquant de se rétamer sur des platines pendant qu'une voix off demande « wohin fahrt die Familie Ziegler ? ». Ben oui, quoi. Wohin ?

Boogers est seul, avec sa gratte et son couteau. Et des machines aussi. Il sample un riff et appuie sur un tas de boutons... Des cuivres débarquent straight outta Kingston et c'est ska ! ska ! ska !

Ça enchaîne avé du gros dub, avant de virer wockenwoll aux accents grungy. «Promis, j'ai jamais écouté Pixies», glisse le tcheum à la fin d'un morceau nucléaire. On continue avec du hip-hop posé sur l'Entrée des Gladiateurs. L'acmé (et ouaie) du concert se situe dans les premières notes de Smell the Roses de Zenzile qui annoncent une reprise en béton armé de Get Up, Stand Up de Marley (dispo sur le myspace).

Bon, niveau voix ça tire parfois un peu trop vers Didier Super. Sinon, parmi les samples, il y a un hommage au trop méconnu Jean-Claude Borelly qui est à Mozart ce que Rondo Veneziano est au Berliner Philamoniker.

Dans l'ensemble, c'est du wockenwoll à large spectre pour un des meilleurs concerts de toute ma life. Boogers est barré, drôle et, surtout, très talentueux. A l'image de sa musique polymorphe, le type est plusieurs dans sa tête et ils vont tous très bien.

Après le concert, on se taboure les uns à côté des autres. On parle du jeu débile du pseudo qui serait le nôtre si on faisait carrière dans le porno (son premier chien s'appelait Otis, le mien Touky) ou des Thugs (le titre du EP As Dirty... est un clin d'œil au As Happy As Possible des Angevins). En revanche, j'ai pas pensé à lui demander où va la famille Ziegler.
Photo /// DR.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire