lundi 30 novembre 2009

Le son du coma #11 : Les Demoiselles Pédés sous le soleil de Rammstein


Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd (même si en vrai, vu le bestiau, il y a dérogation aujourd'hui). Le son du moment : le bootleg Rammstein vs Fettes Brot par DJ Morgoth.

Walors là, en termes de hype, on est plutôt moyen, dans la mesure où Schwule Sonne rassemble deux morceaux sortis en 2001 : Sonne (Soleil) de Rammstein et Schwule Mädchen (Les Demoiselles Pédés) de Fettes Brot.


Pour situer, le pote qui était fan du second titre à l'époque est le genre de gars qui, sortant d'un bar sur les Grands Boulevards, se met à pisser contre un arbre et finit par se tourner vers le videur, histoire de lui demander (une bite dans une main, une clope dans l'autre) s'il y aurait pas des fois un bar qui bouge vraiment dans le coin.

Bref, "une fois n’est pas coutume" perfideront certains, aujourd'hui on va plutôt faire dans le régressif. En même temps, pour mémoire en 2001, sur le podium des ventes de singles en France, il y avait quand même Seul de Garou en #3, Toutes Les Femmes De Ta Vie de L5 en #2 et fucking ça en #1 (attention, ça pique).

Mais revenons, chers breakers, à Schwule Sonne. Vous, je sais pas, mais la dernière fois qu'une meuf m'a parlé sur le ton de la voix slave du début, j’étais nu et à quatre pattes dans une piaule, entouré d’inconnus cagoulés se tirant des lignes de coke sur mon dos.

Dans la foulée, le flow teuton de Fettes Brot s’en sort plutôt pas mal. C’est vrai quoi... allez faire du rap avé des mots de 18 syllabes (genre "Groastadtpunker durcheinander"). Moi, je dis respekt.

Sinon, niveau musique, le soleil vu par Rammstein ferait une bande-son décente pour une retraite de Russie, avé blizzard neigeux, charges de cosaques sur l’arrière-garde et bouts de chair restant collés sur les métaux glacés. Comme, en d'autres circonstances, une langue ne pouvant se décoller d'un bout de peau.


Photo /// DR.

jeudi 26 novembre 2009

nÄo ou l’ambition du reptile


nÄo (electro) @ Les Passagers du Zinc, Besançon, 25 novembre 2009

Walors, on sait que c'est parfois un poil humide sous la voûte du PDZ. Mais là, c’est à cause de nÄo et son electro toute en gouttelettes. Genre Lalo Schifrin à la fin de Dirty Harry (oui, le sample sur L’Enfer d’Iam). En gros, pour situer, une musique à écouter en contemplant le ruissellement d’une pluie d’été sur une baie vitrée, avé une brune filiforme et un braque de Weimar à ses côtés. S'il y a un fauteuil en cuir blanc dans les parages, c’est pas du meilleur goût, mais c’est normal.

Ça commence donc dans le méditatif, voire le crépusculaire à la Kryptic Minds. Par moments, des kolossales-basses viennent envelopper le tout. On n’est pas sur le "boum" habituel, mais du "boumwôh", avec une impression de bras qui se resserrent sur soi. Une copine psy dirait qu’on a là une musique contenante.

Les premiers mouvements de tête sont provoqués par un gros travail sur le riddim de caisse claire et on se souvient qu’être ambitieux n’est pas forcément à connoter négativement. Au bout d’une demi-heure où ça a parfois bardé sévère, le gars, jusqu’alors seul derrière ses machines, est rejoint par deux batteurs, dont un cogne sévère sur sa basse.

Un connard passe devant moi. Alors oui, dans les concerts, il y a deux sortes de connards. Celui qui t’empêche de voir le batteur et, c'est le cas ici, çui qui te cache la vue sur la plus jolie fille de la soirée aka A.P.A. Sinon, des claviers évoquent Acid Bells (Martyn’s bitter sweet remix) d’Efdemin. Entre le dub de la basse et les sonorités de bols chantants tibétains, on retrouve aussi les atmosphères de Brain Damage. Une reptation impassible.

Chaque morceau fait voyager et emmène très loin. Chaque morceau revient au point de départ, sans thésauriser sur l’énergie du précédent. On serait une meuf au lit, on se dit qu’on irait pas forcément bien haut comme ça. J'en parle avé une copine... "Ça se discute", objecte-t-elle avant de tirer une looongue taf sur sa clope.

Voilà. Après nÄo, débarquent les Bosniaques de Vuneny. Je bataille pour accrocher. En vain. C’est bien fait pourtant. Ça doit être le contrecoup de la dégustation de vins la veille à Arbois et la petite nuit dans la foulée.

NB : le vendredi 4 décembre (20h00), au Bœuf sur le Toit, à Lons-le-Saunier, nÄo participera à la finale régionale pour le Printemps de Bourges avé Hellbats, No Signal, 2methylBulbe1ol et Marc Jean. 92 groupes étaient en lice au début de la sélection. Et ouaie.

Photo /// The*Glint.

mardi 24 novembre 2009

The Irradiates ou le surf à roulettes from nowhere...


The Irradiates, The Experimental Tropic Blues Band et Sheriff Perkins @ Le Cylindre, Larnod, 20 novembre 2009

Walors, on a sorti les sourcils à la Michael Madsen, le perfecto estampillé "Cry Baby" et le portefeuille à chaînettes. Pas de doute, le plateau de trois groupes présenté par Le Cylindre est 101% wockenwoll.

Du rockabilly-country-hardcore from Clichy

Sheriff Perkins est seul sur scène avé sa gratte, une grosse caisse/caisse claire et son peigne. Sa main droite commence à pomper et les pieds font ce qu’ils peuvent pour suivre le riddim. Les premières notes entendues depuis l’extérieur font penser à Surfin Bird par les Trashmen. Tout le set se fera sur ce tempo de train emballé, sans conducteur en cabine.

Quelques morceaux plus posés viennent parfois briser une certaine monotonie rythmique. "C’est pas que j’aime les chansons calmes, mais ça me repose", souffle le Sheriff de Clichy. Tu m’étonnes, allez mater une vidéo pour voir le sport. Ça décoiffe son homme qui sort le peigne à l'occasion, histoire de se remettre la gomina dans le bon sens. Là, on se repense à Hugo Koblet qui se recoiffait avant de couper victorieusement une ligne d'arrivée. Mhein ?! Qui c'est, Koblet ? Béotiens. (Re)lisez Louison Bobet, Champion cycliste. Disponible en Bibliothèque verte.

Le concert s’achève sur une reprise du Kiss de Prince, version clopin-clopante "je-descends-de-la-colline-sur-mon-percheron". Bien cool.

Du surf à roulettes from nowhere

The Irradiates est labélisé "M.o.U.C." direc’. Au bout de cinq minutes, la mâchoire pend devant l’efficacité des morceaux. Les gratteux sonnent surf et le basseux fait dans le punk à roulettes. Ça joue vite et placé. Break et go. Précis, comme s’ils avaient monté des freins à main sur leurs planches histoire d’assurer le contrôle des dérapages.

On entend des variations entre Misirlou et Le Vol du Bourdon (sur Atom Boogie). Le tout avé une patate radioactive comme si, après l’explosion du réacteur 4 à Tchernobyl, ils surfaient sur la vague du bassin de refroidissement. Les solos sont enquillés avec un sérieux affecté, genre entre Joe Staline et Jean XXIII. Autant dire que ça rince.

Les voix rappellent l’accent moldavo-roulant d’un Bela Lugosi évoquant tout un tas de trucs "came fllllom nowhele". Alors ouais. Niveau "figures imposées", dans le blues, c’est "when I woke up this morning". Dans le psycho-surf, faut parler de trucs "came from nowhere". Obligé.

Voilà. The Irradiates, ça crépit sa race et j’aimerais pas passer derrière eux sur scène. Ça se trouve, les gars d'Experimental Tropic Blues Band pensent pareil.

Gorge profonde from Marielle de Sarnez

Je sais pas si c’est la fatigue, mais j’accroche moyen avé The Experimental Tropic Blues Band. C'est foufou et "ça va trooop vite" (voir Josiane Balasko pour la prononciation). Genre le public doit faire une partie du voyage pour rencontrer leur musique-montagnes-russes.

De mon côté, j’ai l’impression d’être un petit vieux confronté au feu trottoir roulant hyper-rapide à Montparnasse. Je me pète la gueule et rate le train. Sur quelques morceaux il y a bien des passages sympas, entre vocalises du Pop de Sloy et blues pégueux de Powersolo.

Sur scène, un gars au carré blond vénitien a une relation singulière avé son micro. Ça fait penser à une Marielle de Sarnez payant sa tournée de pipes sous les spotlights. Je relis ces mots dans le bloc-notes et décide plier les gaules.



Photo : The Irradiates /// DR.

vendredi 20 novembre 2009

La DJ-Batteul #2 ou le tee-shirt vagabond


DJ-Batteul #2 : El Gran Sapino vs El Naze Nano, feat. MC Quentino @ PDZ, Besançon, 19 novembre 2009

Walors, la présente chronique est un papier de commande, imposé par mon 8ème Hémisphère Cérébral aux treize autres. Genre à la fin de la batteul, HC #8 a cru opportun de refiler l’adresse du blog à une A.P.A., en lui disant que ça parlerait sûrement d’elle. Mhein ? Vous savez pas ce que signifie A.P.A. ? Bougez pas, j’explique.

Avant tout, faut savoir que ça a charclé sévère entre El Naze Nano et El Gran Sapino, tous deux sous cagoules de lucha libre, malgré la moiteur. Genre mix "massive-catch" arbitré par un Quentino déguisé en lion. Au courant de la soirée, niveau fantasme, on m’a plus parlé du costume de lion que de cagoule. Les filles, c’est bizarre. En attendant, le PDZ est plein comme un bœuf, "la putain de sa mère, on se croirait au Gibus", fait remarquer une observatrice avisée des nuits locales.

Rappel rapide des règles. C’est un fight avec interdiction de passer Le Petit Bonhomme en Mousse ou de se jeter les vinyles à la face (là, on peut se consoler en rematant Shaun Of The Dead). Les deux DJ’s s’envoient des steacks en mixant alternativement pendant 10 minutes…

Ça part avé la voltige funk d’El Naze. Sapino riposte direc’ avé une prise de soumission wockenwoll. Bon, Somebody To Love de Jefferson Airplane, quand on mixe aux PDZ, c’est comme monter sur le ring avé une lame de rasoir planquée dans le slip. Limite coup bas. Un gars passe sa commande au bar sur l’air d'I Love Wockenwoll de Joan Jett. A défaut de café (percolateur en rade depuis 1928), il se rabat sur la mirabelle. Le Bisontin est du genre à s’adapter face à l'adversité.

3ème round (enfin je crois, y avait pas la bikineuse aux panneaux), El Sapino cogne avé du surf "marteau-pilon du Yucatan". Mon regard croise celui d’A.P.A ("ha ouais, c’est fucking time", grincent les plus irascibles). Agent Perturbateur d’Attention. Une fois qu’on en a vu un, la réalité passe derrière un film plastique. Genre celui que pose Gondry sur certains effets spéciaux. On a du mal à rester concentré sur le riddim. Un pote reconnaît le générique de Buffy contre les Vampires (cover par feu Hawaii Samurai).

A.P.A pourrait sortir d’un épisode de Twin Peaks. Curly-blonde avé les sourcils légèrement moins clairs que les cheveux. Tee-shirt vagabond au niveau des épaules. Tiens, c’est le 2ème Clash qui passe (London Calling / Rock The Casbah). On passe jamais trop les Clash. Ensuite, c'est série de manchettes avé Night Boat To Cairo. C’est comme ça des Rita (solo final inclus, siouplé). A côté de moi, les papas pingouins sont de retour sur les tabourets.

Ça commence à sentir le sapino pour El Naze qui se reprend. Projection "hip-hop" par-dessus la 3ème corde avé Snoop, Skee-Lo et Roots Manuva (nan, c’est pas un morceau de Chamfort, soyez à c’qu’on vous dit). Entre deux bières à tirer, Claire-la-patronne joue de l’air-piano sur Sex Machine. A.P.A donne du bassin.

Langue #1 passe furtivement entre les incisives. Foie #1 se dit que le mélange Picon-Pelforth-framboise-mauresque-vodka-cassis-Pontarlier devient coquinou à gérer. HC #8 s'engouffre dans la brêche. Echange rapide avé A.P.A. devant les volets fermés du PDZ. Là, vous vous dites bien que si j’avais son prénom je le mettrais, chuis pas non plus totalement discourtois… Comme je vous sens pas top charitables sur ce coup-là, j'entends surtout vos "roooh, c'te pauv' tanche connaît même pas le prénom de la fille".

Bref. Là y a treize hémisphères cérébraux qui se demandent quel âge peut avoir une étudiante en 3ème année des Beaux-Arts. Une copine me répond que dans cette branche, "on trouve souvent des gens plus âgés ayant envie de reprendre les études ou alors cette fille a suivi un cursus normal, bac + Beaux-Arts, ça te ramène à 21 ans... En gros, ton A.P.A a entre 21 et 50 piges". Cool. Du moment que la réponse fait pas tâche devant un juge, ça me va.


Photo /// DR.

jeudi 19 novembre 2009

Le son du coma #10 : Two Door Cinema Club ou mourir parmi les majorettes irlando-polonaises


Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd. Le son du moment : I Can Talk par Two Door Cinema Club.

Bon, je vais pas vous la faire à l’envers, genre Two Door Cinema sont un peu des Bloc Party irlandais, mais quand même. Sur I Can Talk, Two Door Cinema sont un peu des Bloc Party irlandais. Ça pousse sévère au niveau de la basse et certaines grattes font penser au Edge early-U2.

Là, sur I Can Talk, c’est push-push-push couasi tout le long du morceau, avé un petit break au milieu, histoire que Joe le trentenaire puisse reprendre son fucking souffle sur le dancefloor.

Peine perdue, avant la fin du morceau, il file au bar reprendre une Guinness (oui, "comme une merde", souriront les plus perfides), en se frayant un passage au milieu de jeunes Irlandaises au look et à la descente de majorettes polonaises. Il pourrait mourir là tout de suite, ce serait bien aussi.


Photo /// Jamie Adamson.

lundi 16 novembre 2009

Le son du coma #9 : "Raw" de Scanners ou les buses lorraines


Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd. Le son du moment : Raw par Scanners, extrait de Violence Is Golden (un nouvel album, Submarine, sort le 7 décembre prochain).

Samedi dernier, les deux filles/deux gars de
Scanners étaient de passage aux PDZ pour mettre une grosse claque dans la gueule du public, qui en prend pas plus de dix des ça comme dans l'année.

Des morceaux en spirale qui montent, qui montent (e.g. Salvation), des grattes scintillantes, une basse qui te rentre dans les hanches direc' et du blast, avé un rien de PJ "Rid Of Me" Harvey au mike. Sur Raw, à l'image d'une brune à l'épaule nue déchaînée (sisi) devant moi, le public lâche tout.

Pour l'anecdote, une copine avait arrangé un concert à des potes à elle, ce samedi-là aux Passagers. Genre garage-rock from Metz. Quand ils ont découvert qu'ils seraient finalement en plateau avé Scanners, ils ont annulé. En gros, "on partage pas la date et pis ils sont pas assez rock".

Ce type de choix avisé fait penser à Alan Williams, le premier manager des Beatles, qui les a réfilés gratos à Brian Epstein, suite à une engueulade. Ou, pour rester dans le domaine de la buse lorraine, on repense au recruteur du FC Metz qui avait refusé le jeune Platini, le jugeant trop chétif.

Sinon, pour les plus Parisiens, Scanners sera à l'Alhambra ce 23/11, en première partie de Juliette Lewis.


Photo /// Julius Beltrame.

vendredi 13 novembre 2009

Melissmell ou non, Mère Teresa n’était pas une pute


Melissmell @ PDZ, Besançon, 6 novembre 2009

Walors, ne pas aimer Melissmell, c’est comme traiter Mère Teresa de pute. Ça se fait pas. Elle a tout pour plaire, une voix de feu (certains évoquent Cantat, Brel ou Joplin), un gratteux avé une solide main droite et un violoncelliste. C’est wockenwoll ça, le violoncelle. Même quand c’est un mec qui en joue.

En termes d’énergie, Melissmell a la gouaille des chanteuses réalistes de l’entre-deux guerres et quand elle croise un regard dans le public, elle y déverse toute son ardeur. Par moments, elle me met la chair de poule et quand ils reprennent Mercedes Benz, ça va à fucking dame. Seulement voilà.

Sur la forme, je suis atteint du Lara Fabian syndroma et me sens globalement moins agressé à un concert de metal que par les voix surpuissantes. Sur le fond, genre un morceau est dédié à Saez. Dans mes souvenirs, c’est un gars qui fait rimer France, Souffrance, Sens et Rance. En même temps, je connais pas très bien.


N'empêche, quand une chanson, Démocratie, est présentée comme étant "inspirée par Rimbaud et Ferré, sur les accords de Noir Désir", ça me fait une impression rillette-beurre-sirop d’érable. Sûrement mon côté connard considérant que, parfois, il fait savoir mesure garder (ouais ouais, vous pouvez prononcer ces derniers mots en imitant Balladur, je formaliserai pas).

Sinon, comme prévu, il y a régate de filles. En croisant le regard d’un mec en blouson de motard, pour faire bonne mesure, j’y fais les yeux "toi-aussi-t’as-été-traîné-là-par-ta-meuf". Sauf que ce social-traître a vraiment une meuf et bouge des épaules en riddim. D’ailleurs, toute l’audience est sous le charme. Après tout, Mère Teresa n’était pas une pute.


Photo /// Nat. W.

Note de l'Hémisphère Cérébral Relecteur : "Régate de filles" est une expression Sebbouzze-copyright.

jeudi 12 novembre 2009

Kid Congo ou la tentation Borelly

Whaaaarrrgghh ! Pour le moment dans mon agenda, au 6 décembre, y avait marqué "vodka au pain d’épice / chocolat chaud au piment d’Espelette" et "Kid Congo"…

La vodka, c’est pour fêter la Saint-Nicolas avé des potes. Kid Congo, c’est le concert à l’affiche des Passagers, ce soir-là. Ouais bon, j’avoue que je connaissais pas le bestiau, mais il a un pedigree de fou. Le gars a été guitariste des Cramps et de Nick Cave and the Bad Seeds. On a vu CV plus pourri. Bref, tout allait bien, seulement voilà.

L’autre soir, je tombe sur une affiche annonçant le concert, ce même 6 décembre à Beuz’, de l’homme qui permet de répondre à LA QUESTION : "et si Elvis était pas mort ?". Et ouaie, dans le cadre de sa tournée des églises, Jean-Claude Borelly is back in town, you punk mothafucka.

Tout de suite, la lutte fait rage entre mes 14 hémisphères cérébraux pour arrêter un choix. Un concert de JCB à l'église Saint-Louis de Montrapon... Les prie-dieu déchirés, les crises d’épilepsie, l’antenne médicale de la Croix-Rouge débordée en sacristie, les maladies vénériennes péchos dans le confessionnal, les pétards allumés à la flamme des cierges et un thuriféraire improvisé diffusant sa beuh. Autant dire que les meilleures pages de la Bible sur Sodome et Gomorrhe prendront un sale coup de vieux.

En imaginant la scène, je suis pris de vertiges avant de voir qu’en fait Joe la Trompette passe à 17h00. Joie... l’épineux dilemme n’aura pas à être tranché. Reste quand même à savoir si Elvis 2009 vaut bien les 27 € qu’il demande.


Photo /// JMD.

mardi 10 novembre 2009

Phantogram ou ha oui, au fait, il y a un guitariste


Phantogram @ Passagers du Zinc, Besançon, 9 novembre 2009

Autant prévenir tout de suite, vu la chanteuse/claviers de Phantogram, ça risque de pas trop trop parler musique dans cette chronique. Imaginez une brune, coupe au carré, en débardeur. Non. En fait, imaginez une brune, coupe au carré, en DEBARDEUR. Ça y est ? Et bien, c’était pas la fille la plus attirante de la soirée. Mais autant commencer par le début.

On débarque sous la voûte des Passagers au son de Nine Inch Nails, The Wretched, je crois. Quand on n’a pas de première partie, autant se faire plaisir. Le concert débute avé As Far As I Can See où y a comme un sample des cuivres de It’s Not Unusual par Tom Jones. Sinon, en live, Mouthful Of Diamonds est bel et bien m.o.r.t.e.l.

J’imagine des derviches-tourneurs dansant au son du big beat/trip hop/pop. Bon là, les lecteurs les moins charitables se disent que vu le niveau de la prose concernant la musique, autant parler de la chanteuse. Soit.

Face à elle, j’ai l’impression d’être un punk de 15 piges découvrant le snakebite, les hormones et Debbie Harry en live, le même soir. Ça me fait comme des bulles dans les veines. Un jour, un journaliste de Télérama soutenait que dans La Tour Infernale, Steve MacQueen excitait la libido des spectateurs, toutes sexualités confondues. Ben, la Sarah, c’est pareil, même si j’ai bien trouvé quelques filles préférant le gratteux. Ha oui, au fait, il y a un guitariste.

(Là j’ai écrit des mots dans le vide sur mon bloc, histoire d’intriguer la Fille La Plus Attirante De La Soirée se trouvant à deux pas de moi). Les lecteurs les plus fidèles reconnaîtront ici la stratégie B-R-B. J’imagine des restaus, des soirées théâtre, un petit emprunt pour la voiture, des formulaires CAF, des bulletins scolaires bien mais pas top, tout ça.

Les petits cris de Sarah sur l’entame de When I’m Small, un des morceaux captivant particulièrement l’oreille (dispo sur Myspace), me tirent momentanément de mes rêveries. N'empêche plus tard, comme certains évoquant leur souvenir d'un concert des Clash au milieu de 17 spectateurs, avec la Fille La Plus Attirante De La Soirée, on racontera à nos petits-enfants qu’on a vu Phantogram avec une vingtaine d’autres chanceux.

Photo /// DR.

dimanche 8 novembre 2009

Le son du coma # 8 : Phantogram ou les papas pingouins

Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd. Le son du moment : Mouthful Of Diamonds par Phantogram.

Je ne comprends pas comment j'ai fini téléporté sur la banquise. Ça a commencé avé le cri du dauphin Galak et bam... Un gros beat, une gratte douce et une nappe de synthé sourde plus tard, je suis là, à bouger la tête en pinçant mes petites lèvres, d'où sort un "Mmmmhhh" irrépressible (Champigny-Ice Crusher-staïle). Le morceau marque une pause. Et re-bam. Là, je me retrouve à faire le papa pingouin, debout sur un tabouret de bar. Au milieu d'un tas de potes papas pingouins.

Pour les plus Bisontins, c'est en concert ce lundi 9/11 aux
PDZ. Pour les plus Parisiens, ils sont au Point Ephémère le 10/11.


Photo /// Doron Gild.

mercredi 4 novembre 2009

Human Parasite, Inside Project et Run Of Lava ou ça sert à rien les concessions

Human Parasite, Inside Project et Run Of Lava @ Les Passagers du Zinc, Besançon, 23 octobre 2009

Walors, c'est toujours chromatiquement intéressant une soirée death-metôôôl. Genre le spectre de couleurs des cheveux n'a d'égal que celui des sirops parfumant les bières commandées au bar. Menthe. Kiwi. Banane. Ça me rappelle les diabolos orgeat-pêche que je descendais au siècle dernier, pendant que le juke-box donnait Nothing Compares 2 U, Lullaby ou King Kong Five.

Bon attendant, on rigole on rigole, mais dans la veine sachaguitryenne des conneries qu'on ne fait que pour pouvoir les raconter, faudrait voir à goûter tout ça, à l'occasion. Vous vous imaginez commander une bière-banane ? Nous, au Break, on s'imagine. C'est notre côté foufou.

"Et la musique ?", s'interrogent les plus assoiffés de culture. "Tout un univers, les gars", répondent les Hémisphères Cérébraux Rédacteurs. Le frontman de Human Parasite porte un tee-shirt "Ni Putes, Ni Soumises". On trouve ça chouette, niveau décalage. Il dédie un morceau à Michel Fourniret, précisant "j'ai envie de violer mes enfants plus tard". C'est à ce moment qu'on remarque qu'en fait, il y a marqué "Mi-Putes, Mi-Soumises". Sebbouzze, un pote classant la population mondiale entre "fouetteurs" et "fouettés", serait sous le charme.

"Et la musique, bordel ?", s'interrogent les plus pugnaces. Bah c'est du metôôôl, quoi. Grosse grattes, grosse voix et grosse caisse. Double, hein, la grosse caisse. Et y a pas à dire, la double-grosse caisse, en termes d'avancée, c'est un peu à la musique ce qu'est la pénicilline à la médecine. Bref, c'est maîtrisé de partout, notamment sur les "stop-and-go" (je mets des termes de barbots pour les plus pugnaces).

Ensuite, débarque Inside Project, dans un genre plus hardcore, plus jumpy, achipé-achopé tout ça. Et là, c'est du très bon taf. Grosse énergie et plaisir d'être sur scène, partagé avé le public qui bouge la tête comme des "clebs sur la plage arrière des voitures" et finit par pogoter sa mère. Ça cogne dur. D'ailleurs, les cymbales du batteur sont déchirées sur les bords. Je serais sa mère, je m'assurerais qu'il est à jour niveau vaccin anti-tétanos pour les rattrapés de cymbales à main nue.

Tiens, encore une cassedédi à Fourniret, Dutroux et Emile Louis. Tiens bis, c'est la première fois que je remarque ce crochet fiché dans la voûte du PDZ. Tiens ter, je me fais un nœud dans le mouchoir, histoire de me rappeler de confirmer auprès de Sebbouzze que son approche fouetto-manichéenne ne concerne bien qu'une population sexuellement majeure. Ouais, les choses qui vont sans dire vont encore mieux quand elles sont dites.

Et pis, c'est à Run Of Lava de monter sur scène. Là, vu qu'un des musiciens a trouvé "glauque" ma chronique d'un live de son autre groupe, je vais essayer d'écrire propre. Walors, comme dirait un pote, leur son est pas top "invitant" en première écoute, même s'il y a des passages qui saisissent bien. Genre brutal et sans concession. Limite, ils ont raison. À part acheter une Clio, ça sert à rien les concessions. Voilà. Plus propre, je peux pas.


Photo /// Inside Projet - DR. Putain, Sebbouzze j'en tiens un qui aurait pu gagner la 'teille de champagne.

Blew Up ou le « Poison Head effect »

Blew Up @ Passagers du Zinc, Besançon, 26 octobre 2009

Le batteur joue sans charley. Tout à la cymbale, comme dans les meilleurs passages de Creedence Clearwater Revival. Cool. Déjà au lavomatic, plus tôt dans la soirée, l’unique machine "8 kilos" était libre. Autant dire que tout se déroulait sans accroc.

Walors, Blew Up, c’est une sorte de blues-garage avec de la grooosse rythmique et des solos qui surnagent dans une mer de graisse. Ils se mettent souvent à trois au chant pour qu’on entende. C’est fort, fort, fort. Un poil trop fort pour une des patronnes du PDZ, dont je tairai le nom. C’est pas le genre de la maison de balanceman.

Enfin, comme le disait, entre autres, Lemmy de Motörhead "si c’est trop fort, c’est que t’es trop vieux". Bon là, à la place de Duche, je pourrais quand même faire un poil la gueule à l’idée qu’on pense, à tort, qu’il s’agit de moi.

Bref, chaque morceau est un coup de tête porté au public qui met systématiquement quelques secondes à réagir avant d’applaudir. Dans le milieu, on appelle ça le "Poison Head effect". Se faire latter la gueule en gardant le sourire et en disant merci à rebours, une fois que les coups se sont arrêtés.

Parfois ça se calme, comme sur When I Try, mais ça reste fangeux. Genre musique pour strip-tease improvisé dans les chiottes du rade, avant un quickie pégueux sur le parking arrière éclairé aux néons rouges. Montée de pantalon, baissé de robe et retour au bar pour fêter ça.

Entre les morceaux, le gratteux rote son whisky/coca. Pour une fois qu’un gars est raccord avé son tee-shirt (Captain Caveman), ça change des wannabe sapés "Ramones". Et pis, une copine est raide du chanteur "tatouages/chemise à carreaux/casquette à filet offerte pour tout achat d’un motoculteur John Deere". Ouais c’est ça, vas-y ma fille, t’auras l’air fine en arrivant à l’Hôtel de Ville sur un tracteur.


Photo /// DR.

mardi 3 novembre 2009

Tous dans le M.o.U.C.

Walors, de nombreux breakers font état d’insomnies chroniques, suite à la lecture des "live reports". Une question les taraude nuitamment : "le rédacteur a-t-il aimé le concert ?". En vrai, au Break, on se branle pas mal de l’avis de notre hémisphère cérébral rédacteur et, partant, on se dit modestement (sisi) que ça n’intéresse pas grand-monde.

Après tout, comme le rappelait Libération récemment, Joseph Goebbels, communicant au service d’une cause qu’on peut euphémisement qualifier de "pas très très wockenwoll", soutenait que "nous ne parlons pas pour dire quelque chose mais pour obtenir un certain effet". A la rédaction, on partage cette approche "impressionniste", aussi chère à Hunter S. Thompson, mais avé les thèses racistes et antisémites en moins naturellement (là, je précise pour éviter les débordements tout ça).

Donc, on va continuer à pas forcément donner un avis formel, autant laisser ça aux experts. Toujours est-il qu'une nouvelle rubrique, "M.o.U.C." a été créée pour mettre en lumière les groupes qui cassent particulièrement des bras. Que ce soit en termes d’énergie, de maîtrise ou de singularité. Sinon, histoire de pas en remettre une couche niveau insomnie, "M.o.U.C", c’est pour "My own Ultimate Concerts".

dimanche 1 novembre 2009

Le Bal de Break ou non, je ne suis pas une abeille formidable


Le Bal de Break, seleçao mousicale par Nils du TdlB Krew (moi, quoi) @ Les Passagers du Zinc, Besançon, 30 octobre 2009

C'est Clemenceau qui disait que le meilleur moment quand on fait du sexe, c'est la montée de l'escalier. Ça m'a fait un poil pareil pour le Bal de Break, soirée mix où je suis passé derrière les platines aux PDZ. Traverser le centre-ville, chargé de matos, en se demandant si le bootleg The Do/Dire Straits ne vient pas trop vite dans la soirée, c'était cool. Petite pensée druckerienne de remerciements à tous ceux qui m'ont aidé à monter la seleçao. J'arrive en retard pour installer le bouzin, dernière clope du condamné, fumée d'une main incertaine, et go.

Entame tranquillou Gillou, entre soul et ska (Wendy Rene, O.V. Wright, Otis Redding et Ken Boothe). Pendant qu'un petit groupe de clients arrive, ça s'encanaille un poil avé Edward Sharpe & The Magnetic Zeros et le bootleg Do/DS par Fissunix. Une fille a une fossette discrète au menton. Des potes font d'ailleurs remarquer qu'il y a plus de meufs que d'habitude. Peut-être les gars, mais vous êtes gentils, j'ai un tas de boutons à gérer, là. Quand même, c'est joli cette fossette.

Ça reste sur du paisiblo-country avé Johnny Cash et Tiger Army (Outlaw Heart). Faudrait ptêt penser à emballer, me dis-je in petto (je parle musique là, vous êtes lourds...). Et pour ça, il y a Here Comes Your Man de Pixies. Le monde est réparti en deux catégories de personnes : celles qui aiment cette chanson et les connards. Mais bon, ensuite faut éviter d'enchaîner avec Runaway par Elvis, plutôt mou du genou (on peut privilégier la version des Misfits).

Sur Black Strobe, la Fossette bouge la tête à la périphérie de mon champ visuel. Et c'est parti pour le quart d'heure bûcheron. Stooges, Black Sabbath, Motörhead, Rage Against The Machine, Smashing Pumpkins et Iron Maiden. Oui, The Trooper qu'on ne devrait écouter qu'à la maison, en chantant les paroles avé sa brosse à cheveux. En vrai, j'éprouve un peu de la peine pour ceux poussant la porte du bar à moment-là. D'autant que Bourvil vient surfer sur la vague metal. Et ouaie... on peut pudiquement appeler ça «un certain parti-pris artistique».

Ensuite, c'est Clash, Shériff, Dresden Dolls et L7 avec Off The Wagon (chanson sympa qui fait une sorte de bide). Ça enchaine avé Joy Division, Smiths, Josef Of The Fountain, Metric et Sudden Death par The Organ. Là encore, un morceau bien bien, mais qui plombe un poil. PJ Harvey, Blur, Steriogram.

Ça monte grâce à la ligne de basse de A Forest par Cure et ça retombe avé Cold War Kids, le remix des Klaxons par Skream et Never Let Me Down de Depeche Mode. Keep The Lights On de Wave Machines, une chanson dont j'ai l'impression que la basse me baise quand je l'écoute, s'écrase comme une merde. La Fossette sort fumer. J'évite de croiser le regard des potes. Pas envie d'être dans la situation du

môme au spectacle de l'école apercevant ses parents dans le public qui tentent de le persuader qu'il est une abeille formidable.

Ça part sur une série « achipé achopé ». Public Enemy, Naughty By Nature, Cypress Hill et Diam's. Oui, Big Up qu'on ne devrait écouter qu'à la maison, en chantant les paroles avé sa brosse à cheveux. Sur le coup, une copine vient me mettre une cale. Je baisse les yeux et c'est tant mieux. Ça faisait juste deux heures que je mixais la braguette ouverte. Tiens, la Fossette s'est cassée en fait. Fuck. J'ai rien vu, mais bon, j'ai un tas de boutons à gérer aussi. Et d'ailleurs, wohwohwoh, c'est moi ou il y a moins de monde qu'au début, là ? Quelques larmes pudiquement essuyées avé une cravate au double-noeud-windsor de très belle facture.

Ma cadence Picon-avec-un-peu-de-citron-s'il-te-plait s'accélère, le son retourne quant à lui dans le calme et, a posteriori, c'est péché... Kelis, Lily Allen, Fun Loving Criminal et Sara Schirrali. Elle, je m'étais parié un verre qu'on viendrait me demander ce que c'est, tellement c'est un tubasse potentiel. Perdu.

Bon, ça commence un peu à se réchauffer même si ma perception d'alors, altérée à l'amer, m'impose de nuancer le propos. On enchaîne dru avé Gossip, Bistrot Royal Crew (des régionaux de l'étape qui cassent des bras et des coeurs), Radio 4, Arcade Fire aka vas-y, tu peux mettre plus fort, s'il te plait. Une fille vient me demander en mariage. C'est une copine, mais quand même ça compte. Ghinzu, la copine veut un enfant de moi. Stuck In The Sound, en fait elle veut aussi des jumeaux. The Hives, comme un nombre d'enfants impair c'est trop nul, elle propose d'aller jusqu'à quatre. Le Tigre, elle veut qu'on meurt ensemble.

Ça continue à mettre du massive-beat avé Ting Tings, Santigold, Chemical Brothers, Birdy Nam Nam et NY Excuse. Un pote vient killer les basses sur la table de mixage, histoire de faire une montée. Comme c'est pour la bonne cause, je laisse faire. En fait, la montée vient pas, tampax. J'enchaîne avec Vitalic et Underworld qui est le dernier morceau vénère de la play-list. Au moment du blast, il se passe rien. Le pote n'avait pas remis les basses à niveau. Bah bravo. Du coup j'apprécie qu'à moitié mon générique de fin, La Roux remixé par Skream (coupé à 4:08).

Ouais, là on se souvient qu'au bahut j'étais le genre de connard à virer un manchot de son équipe au volley pour finir la partie à 5. Bref, on finit par débriefer avé les potes les "plus" (ouais, y en a eu), les "moins" (même le lecteur comateux les aura cernés). On parle hiatus entre ambiance sonore et invitation à un voyage musical, tout ça. Je prends des notes de partout. C'est cool, mais putain, là normalement j'étais censé parlé wockenwoll avé la Fossette.



Affiche /// TheGryf du Fuck You I'm in London Crew.

jeudi 29 octobre 2009

Le son du coma #7 : In For The Kill de La Roux remixé par Skream

Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd. Le son du moment : le Skream's Let's Get Ravey Remix de In For The Kill de La Roux.

C'est à se demander pourquoi courir après les filles, alors qu'on peut tomber amoureux d'une chanson.

Photo /// DR.

mercredi 28 octobre 2009

Smeuss #4 : de la compassion selon T.

Smeuss reçu de Thierry (27 octobre, 21h14) :

"Tiens le Pub a cramé cet après-midi, j'y étais encore hier soir. Si j'avais su, j'aurais laissé une ardoise".

Et si mon père pouvait envoyer des smeuss, il aurait sorti que c'est pas grave, désormais on ira boire à Outrance. Et ouaie...

Photo /// Citizen Photograph.

mardi 27 octobre 2009

Verbatim #3 : voir Angoulême et mourir

"Verbatim", parce que j'ai pas envie de faire de chroniques des livres que j'aime...

Extrait de Mémoires d’un tricheur de Sacha Guitry :

« Et qu’on ne vienne surtout pas me dire qu’on peut mourir d’ennui. Ce n’est pas vrai. Si l’on pouvait mourir d’ennui, je serais mort à Angoulême. »


Photo /// Ville d’Angoulême - P. Blanchier.

vendredi 23 octobre 2009

La DJ-Batteul #1 aux PDZ ou finir fucking second c'est être le premier des perdants

Walors, ce jeudi y avait dj-batteul aux PDZ, entre Reno aka DJ Deschamps et ouam. Ayant remporté le toss, j’ai ouvert les hostilités. Mais, avant de présenter la selecta, quelques petites choses sur le déroulement de la soirée…

Petit moment lose, quand une meuf est venue me demander si je pouvais mettre un Depeche Mode, alors que j’étais pile en train de passer leur oldie Photographic. Bon elle voulait un truc qui tabasse plus, quoi. Et ouais, Thierry, je sais… « Depeche Mode » et « tabasse » dans le même paragraphe, on est couasi dans le domaine de l’oxymore.

Petit moment win, quand une meuf est venue me faire la bise parce que je passais The Hives. Ouais bon, c’est une copine, mais quand même ça compte. Sinon, comme je suis un garçon dont l'esprit est globalement rassuré par la lettre, l’autre jour j’ai survolé le Djing pour les nuls. J’y ai lu qu’un mix doit avant tout faire plaisir au public, mais je suis un rien content d’avoir mis un vent à une blondie-bomb, un peu trop chuis-chez-moi, qui voulait qu’on passe de la salsa. Et pis, petite win partagée avé le Reno, y avait de la fucking buée sur les vitres, sans même avoir passé A La Chaleur Des Missiles des Shériff.

Grand moment lose, j'ai perdu la batteul au final. Notamment sur le critère d'avoir moins mouillé mon tee-shirt. La prochaine fois, j'irai avé un sous-pull en acrylique. Mais bon, mon cher Reno, on se souvient tous qui est le vrai vainqueur à la fin de Rocky et Rocky Balboa. Quoi quoi... Moi ? Mauvais perdant ?

La selecta, dont l’esprit est de s’adapter au morceau venant d’être passé par le DJ d’en face :

# Queer par Garbage
# Be Honest With Me par Tricia and The Supersonics (le lien mentionne les Skatalites, mais c'est bien par T&TS)
# Tainted Love par The Living End
# Mon Vieux Lucien par Piaf (la version live à l’Olympia où elle se plante, s’excuse et reprend le morceau au début... c'est pas la version du lien qui met quand même son lot de balles dans la nuque)
# Bikini par Parabellum
# La Isla Bonita par Happy Drivers
# Where Eagles Dare par The Misfits
# Intergalactic par Beastie Boys
# Witness (1 Hope) par Roots Manuva
# Doo Wop (That Thing) par Lauryn Hill
# Creator par Santogold (la chanson la plus wockenwoll de l'univers, ces derniers temps)
# Le bootleg Joe Le Taxi / Crush on You par 2 Many DJs
# Velouria par Pixies (Reno m'en avait parlé, le clip est effectivement Joe la Mite)
# This Boots Are Made For Walkin' par Nancy Sinatra
# Out Of The Races Onto The Tracks par The Rapture
# Petit Agité par Bérurier Noir (version live, sur le lien y en a un peu plus, je vous le mets quand même... sur celle-là, pendant le tour de la set-list sur youtube, j'ai monté le volume)
# Girls And Boys par Blur
# Original Sin par INXS (je parie une bière que Hutchence s'est pendu après avoir revu sa coupe de cheveux de l'époque)
# Pump Up The Volume par Marrs
# Groove Is In The Heart par Deee-Lite (lien ultima choré')
# Ma Baker par Boney M
# Like A Virgin par Madonna
# Banquet (Phones Disco Edit) par Bloc Party themselves (enfin, je crois... le lien, c'est ultimata choré' bis)

Et pis, j’ai pas toujours tout noté (trop de Picon, trop de stress, trop de filles), mais en vrac, je me souviens avoir aussi notamment passé :

# Banana Split par Lio
# Tick Tick Boom par The Hives, donc
# La Fièvre par NTM
# Photographic par Depeche Mode, donc (ouais bon, ça bouge pas régate... mais putain, on est '81, là)
# Rock n’ Roll Queen par The Subways (existe aussi en version carnage)
# Hyper Sun par Black Sun Empire
# Princes Of The Universe par Queen, pour le finale


Photo /// Nils avé says-it.com.


mardi 20 octobre 2009

Le son du coma #6 : Sara Schiralli ou l'effet ska-balloche

Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd. Le son du moment : Paranoid par Sara Schiralli, extrait de l’album Bang Bang.

Walors, Paranoid, on connaissait par Black Sabbath ou par Megadeth reprenant Black Sabbath. Là, c'est Sara Schiralli qui s'y colle. Attention, c'est pas une cover à la Nouvelle Vague, hein. Juste une chanson qui rend de bonne humeur direc'. L'effet ska-balloche. Bon, ça va tarder à être une musique de pub, si c'est pas déjà fait.

Sinon, comme je suis pro (et ouaie), je passe sous silence qu'elle est genre mignonne, la Sara. Disons que c'te meuf est à la génétique ce qu'est le bon goût ultime à la godasse : mi-anglaise, mi-italienne.


Photo /// DR.

dimanche 18 octobre 2009

Les gentlemen se cachent pour mourir

Entendu par une copine à l'Alibi, bar de Paris XVIIIème...

Le barman : "Si tu cherches ton pote, il est en train de vomir derrière le taxi anglais garé dans la rue".

Photo /// DR.

mercredi 14 octobre 2009

Le Bal de Break, when Bourvil meets Motörhead


Le Bal de Break, selecta par Nils du TdlB Krew @ Les Passagers du Zinc, Besançon, 30 octobre 2009, 21h00, entrée libre.

Warrghh, pas évident de parler de sa propre play-list, d’autant qu’entre 14 hémisphères cérébraux et des potes disant que Jump de Kris Kross ou Lee de Sporto Kantes, c’est pas casher, ça bataille burné pour établir une selecta de 4 heures.

En gros, l’idée est de faire suinter les murs des Passagers du Zinc (sisi, il y a encore un reste de papier-peint à décoller) avé du gros son baloche d’horizons divers, porté par le credo que Bourvil est aussi classe que MGMT, Gossip, Motörhead, Birdy Nam Nam, Public Enemy, Bloc Party, Elvis, Blondie, Arcade Fire, PJ Harvey, L7, NTM, Hives, Ting Tings, Misfits, Cypress Hill ou Depeche Mode. Entre autres, hein.

Walors, c’est clair qu’il faut pas être du genre sectaire et on verra ptêt du capuché galocher de la gothique, du chevelu rincer du skin au bar ou de la popeuse échanger son 06 avé du punk. Au final, ce dont on se souviendra "c'est qu'ils étaient heureux / Les yeux au fond des yeux / Et c'était bien... Et c'était bien...". Et ouaie, mon huitième hémisphère cérébral croit en Bourvil, au Père Noël et au blitz-power de la prostate. See ya, folks !

Photo /// TheGryf du Fuck You I'm in London Crew.

mardi 13 octobre 2009

The Jancee Pornick Casino ou le sphincter d'1,80m



The Jancee Pornick Casino @ Les Passagers du Zinc, Besançon, 1er octobre 2009

Walors, The Jancee PC sont membres, sans doute les seuls, de la Russian American Surf Federation. Un chanteur-gratteux US docteur ès Vibrato, un balalaykaïste russe et un Teuton qui a dû prendre des cours de batterie chez Krups. Vu le pedigree des bêtes, on n'est pas étonné de les voir tourner à la bière et à la vodka. Et que j't'arrête une intro pour trinquer entre potes.

On est encore moins étonné par le fait qu'il arrive à Jancee, le chanteur, de se friter avec sa meuf et d'en faire des chansons. Wockenwoll ! Da ! Da !... Ça joue à fond de 5 en passant quelques classiques à la moulinette. Viva Las Vegas, Hava Nagila, (Ghost) Riders in the Sky de Cash ou encore un Bang Bang (My Baby Shot Me Dow) de Nancy Sinatra qui aurait rencontré A Coup de Batte de Base-Ball des Shériff.

Je me concentre histoire de pas mouiller mon froc si, par hasard, ils devaient reprendre Korobeiniki, le traditionnel russe qui illustre Tetris et qu'on entend dans Voyage au Bout de l'Enfer. À ce moment-là, ils font The Number of the Beast de Maiden à la sauce emphétamino-surf. Mais ça va, comme je suis un sphincter d'1,80m crispé sur sa bière, je gère.

Jancee fini par ôter sa chemise sur un intermède You Can Leave Your Hat On. Les meufs du public se mettent sur la pointe des pieds, se passent la main dans les cheveux et tirent légèrement sur le col de leur tee-shirt. Balalayka-Vladimir, sorte de Tommy Lee Jones sous-marinier dans la Baltique, gardera son haut, au grand désespoir d'une pote qui tripe sur les bassistes et affiliés.

Le gratteux saute dans tous les sens en claquant 18 notes à la seconde. Genre, il fait La Danse du Sabre en exécutant un triple axel carpé. Aftershow, il me dit que le Vol du Bourdon est un peu trop branle-manche pour assurer les figures libres en même temps. Traduire : « ça plait aux zicos, mais je me la donne moins avec les filles, vieux ».

Là, je mets « vieux » pour bien faire ressortir la complicité qui nous unissait. Sur la banquette arrière de l'AX de Duche, une des patronnes du PDZ, qui nous emmenait vers un after de pouille, je lui expliquais que c'était la date anniversaire de mon dépucelage. Que ça c'était justement passé dans une AX (m'man, j'avais nettoyé). Et que la meuf de l'époque s'était trop rendue compte de rien. Alors, je sais pas si c'est l'anecdote ou la vodka, mais à la gueule du Jancee, sur le coup j'ai bien cru qu'il allait me gerber dessus.


Photo /// Licht.T.Richter.

lundi 12 octobre 2009

Richard III ou « oui, Ratcliffe, tu peux venir avec ta mitraillette... »

Richard III, mise en scène de Sylvain Maurice @ Nouveau Théâââtre, Besançon, du 13 au 23 octobre 2009

« Dans mon petit monde, j'étais tout seul, d'accord, mais j'étais roi. Et un roi, ça ne songe pas qu'à des choses douces et tendres, croyez-moi, sinon relisez Shakespeare »
Jimmy Page, gratteux de Led Zeppelin



"Richard meurt à la fin". Vous je sais pas, mais j'étais pas au courant avant que le metteur en scène Sylvain Maurice ne présente la pièce de Shakespeare en ces termes , lors d'une répétition. Alors voilà, y a pas de raison pour que je sois le seul à qui on nique le dénouement. En même temps, je doute de mes capacités de nuisance sur ce coup : le lecteur lambada du break étant plus lettré que moi, il connaissait déjà la fin, lui.

Bref, le 30 septembre dernier, une cinquantaine de spectateurs ont assisté à une répétition publique de la pièce inaugurale de la saison du Nouveau Théâtre. "On travaille, je fais comme si vous n'étiez pas là, prévient le metteur en scène, après tout, le théâtre est illusion. Et particulièrement avec Shakespeare qui faisait du cinéma, avant le cinéma. Là, en gros, on doit refaire la Bataille d'Azincourt sur scène et je suis pas encore sûr d'y arriver". Héhé. Même en répèt', les théâtreux sont en représentation.


Une dizaine de jours avant la première, on en est encore au temps de la cafouille et des tests de mises en scène. La troupe aborde les ultimes scènes de la tragédie. Richie/Jean-Baptiste Verquin, prophétise "ce sera un jour noir pour quelqu'un". Après 22 jours de répétitions, il lance aussi pour la première fois, le fameux "Mon royaume, mon royaume pour un cheval". Ça, je connaissais, c'était dans un Lucky Luke (peut-être Le Cavalier Blanc).


Donc, ça cafouille et ça teste. Sylvain Maurice semble serein. Encore un lazy deadliner. Il confirme à Ratcliffe/Houda Ben Kamla qu'elle peut venir avec sa mitraillette. À l'approche du finale, un sample de trois notes résonne. Putaaiiin, ça me dit quelque chose. Je passe une demi-heure à chercher. Retrouve que c'est chanté par une meuf et fini par me dire qu'une ex a dû se casser avec le CD. Celle aux goûts musicaux sûrs, pas celle avec qui, en définitive, j'ai couché en écoutant l'album en boucle. C'est Cube Dub de Brain Damage. Et j'ai toujours le CD.


Sinon, par moments, on entend une voix juste renversante. C'est Catesby/Lamya Regragui qui, à ce moment-là du récit, reste dans la pénombre des coulisses. Fuck, on ne verra pas son visage une seule fois. Comme on sait que Richie va y passer, le réel suspense de la pièce sera en fait de savoir si Catesby est aussi hot que sa voix le laisse imaginer.


Photo /// DR.

vendredi 9 octobre 2009

Le jeudi « Sonorama », qualités intrinsèques sur terrain mouillé

Festival Sonorama @ Besançon, 8 octobre 2009

C'est pas tout de dresser la liste des immanquables de Sonorama, il faut aussi tester le bouzin sur le terrain. Parapluie à la main et les pieds dans l'eau, on repense à Walter Spanghero, rugbyman généreux dans l'effort. Selon la légende, un journaliste l'interrogeait sur les qualités intrinsèques du XV d'Irlande... Sortez les roulements de "r" cavelneux pour la réponse : "Hoh, vous savez, intrinsèque ou un terrain mouillé, l'équipe d'Irlande sera toujours l'équipe d'Irlande".

Walors...

La Mascleta de Xarxa Teatre, à la Gare d'eau. Pour mémoire, c'était présenté comme un crescendo sono-pyrotechnique faisant sortir l'esprit du corps. Bah, je ne sais si c'était lié à l'humidité ambiante, mais y a pas eu le fameux crescendo. Plutôt du blast linéaire, avant un bouquet final certes détonnant. Intrinsèquement cool, mais dans le cadre d'un festival qui met le son au premier plan, on reste un peu sur sa faim. Demeure l'aspect bien décadent du feu d'artifice tiré en plein jour.

Ensuite, Vs Mode, la carte blanche au Cylindre et Vouh#Voue, cour du Palais Granvelle. Sur scène, le trio Soul Belleruche. Consensuel et molasse, avé des samples et un gratteux suiviste. Bon comme dit une pote, faut pas trop se plaindre, il y a une blonde décolletée qui chante. Quand même, je me dis que le festival commence à sentir le pâté.

C'est là que débarquent les frangins de Lexicon, straight outta Los Angeles. Du massive hip-hop avé des influences qui affleurent à la surface du beat, comme des baleines qui viennent prendre l'air, avec de replonger dans les profondeurs. On entend Franz Ferdinand (Take Me Out), les Beastie Boys (l'ensemble de leur œuvre) ou les Ramones (I Wanna Be Sedated). Ils embrasent le public trempé dans la cour. Avé des potes, on reste au sec sous les arcades, mais on est embrasés aussi. Coup de coeur #1, le festival est lancé.

Transhumance vers la Friche des Prés de Vaux pour une première nuit, consacrée au wockenwoll, sous influence electro ou hip-hop. The A-Bones sont sur la Grande Scène. C'est pas assez intéressant pour arrêter de discuter au bar. Avé les potes, on bouge vers le Club. Et là, bam ! Bob Log III, de Tucson, Arizona...

Un gratteux, seul sur scène, portant un casque de pilote de chasse à la visière chromée et micro intégré (un téléphone en bakélite). Il fait une sorte de blues-speedy-heavy-coutry. Allez mater des vidéos pour vous faire une idée. C'est mor-tel. Le Club est bondé et le gars met tout le monde à genou en faisait des trucs incroyables à la gratte, avant de resquiller des rappels à l'organisation. (Enooorme) coup de coeur #2. Sinon, rumeur : il y aurait Rosanna Arquette dans le public.

Le reste de la programmation passe tranquillou. Mention spéciale pour The Chap, massif et primesautier à la fois, avec Joe la Bûche à la batterie. Et puis la foule gonfle pour l'arrivée de DJ Krush. Trop rien à dire. Basse hénaurme, set bien breaké et une agréable odeur de saucisse qui arrive depuis le stand de bouffe. Moment sympa, mais qui ne donne pas envie de rester jusqu'au bout de la nuit. En plus, y en a qui ont école le lendemain.

Sinon, pour mémoire, parmi les immanquables de ce vendredi : Acid Brass par le William Fairey Brass Band @ Place de la Révolution, 21h00. Là, c'est du lourd. Un orchestre de cuivre, 9 fois champions de Grande-Bretagne du genre, qui intègre des sonorités d'acid house. En gros, c'est comme si Les Virtuoses débarquaient dans Trainspotting. De quoi être doublement client.

Elektrophonie et Spécimen Urbain @ Cour du Palais Granvelle, 18h00 – 23h30 : soirée electro, avé notamment un set dubstep (genre musical qui me fait le plus mouiller actuellement) de PH7 qui devrait se dérouler à 21h00.

La nuit achipé-achopé @ Friche des Prés de Vaux (22h30 - 5h00), avé notamment Raekwon du Wu Tang Clan. Booya.

Photo /// Nils.

jeudi 8 octobre 2009

The Datsuns ou j’aurais dû faire wocker. Ou radiologue.

The Datsuns, Hellbats, Jack & the Bearded Fishermen @ Cousty, Besançon, 23 septembre 2009

Grosse soirée wockenwoll au Cousty. On a sorti les tatoos, les chemises à carreaux et tout. Une meuf porte un débardeur Hellvis (là, je vous laisse le temps de digérer la classe). Il y a foule. De quoi rendre jalouse une rame de métro sur la ligne 13, un mardi matin. Quoi, quel métro ?

Ça commence avé le stoner poilu de Jack & the Bearded Fishermen. Vous fatiguez pas, même Fre le batteur se souvient pas du nom. C'est épais. Une sorte de slow-pace, mais pas assez lascif pour être sur la sextape des Inrocks. Niveau sonore, les grattes ravalent la façade de la cathédrale d'Albi. Un son en brique et sans chichis (la fignole, c'est bon pour les fiottes qui font du gothique).
En fait, on dirait un tas de trucs joués deux octaves en-dessous... (You Gotta) Fight For Your Right (To Party) des Beastie Boys ou encore Shout At The Devil de Mötley Crüe (MC, je le mets, au risque de me faire péter la gueule, mais le jeune siècle a besoin de plumes in(peu)trépides). Il y a des montées de furieux et une fois au sommet de la courbe sonore, ils augmentent encore le volume. Dans le milieu, on appelle ça le "these go to eleven effect". Bref, du "dans-ta-gueule" en règle.

Hellbats, c'est moins de gratte et plus de riddim par rapport Jack. Bon, ça reste lourd et sombre. Une sorte de 39 tonnes engagé au Grand Prix de Dubaï et qui termine dans les points, à force d’éclater la concurrence. Le public fait des saltos et compense le trou d'air rythmique sur les solos de gratte en chantant. Ça joue carré, parfois losange tellement ça va vite. En s'approchant de l'ampli pour cracher du larsen, le chanteur-guitariste en profite pour se passer un coup de serviette sur la tronche et le manche (rooh... nan, de sa gratte, le manche). C'est ça le métier, coco.

Ensuite, c'est le tsunami Datsuns qui déferle sur scène. J'ai beau chercher, je vois pas le mur d'amplis Marshall 80's. La voix est écorchée comme il faut. Il a pas trop bougé Robert Plant, depuis Led Zep'. Peut-être la coupe de cheveux, genre brushing. Les solos sont de première bourre et on se rend compte que le bootleneck n'est pas réservé au blues languide.
C'est tellement tout que le batteur se sert à peine du charley, pas assez sonore. Ou à la limite pour compter ouane-tou-sri-fore au début des morceaux. C'est tellement tout que je me surprends à passer la langue sur les dents. Deux fois. C'est tellement tout qu'au rappel, ils font Where Eagles Dare des Misfits et The KKK Took My Baby Away des Ramones. C'est tellement tout que j'aurais voulu les voir à 15 piges pour décider de faire wocker. En vrai, j'aurais dû faire radiologue, ça palpe sa race, radiologue.

Photo /// Nils.

mercredi 7 octobre 2009

Le son du coma # 5 : "Papillon" d’Editors ou David Hasselhoff, en guest-star à la kirb

Si vous ne bougez pas la tête et/ou le bassin en écoutant ça, vous êtes dans le coma et/ou sourd. Le son du moment : Papillon par Editors, extrait de l’album à venir, In This Light and On This Evening.

Walors, Papillon commence avé du gros synthé qui tache. Eighties, quoi. Arrive ensuite une voix qui fait penser direc' à David Hasselhoff, période Looking For Freedom. Du coup on se retrouve, môme, dans une auto-tamponneuse de kirb alsacienne. Autant dire que dans le Break, on est fan (on a les madeleines qu'on peut, hein).

Comme on est aussi un poil régressif, le Break Krew écoute également, avec un plaisir coupab', le remix de Tiësto. Là, il y a un beat que l'excellent Ralf König qualifie, dans ses BDs, de Boufta-Boufta-Boufta (comprendre "grosse tech' pour homos à moustache").

Note de l’Hémisphère Cérébral Relecteur : merci à Mel pour nous avoir mis sur la trace du papillon.

Photo /// Kevin Westenberg.

mardi 6 octobre 2009

La gourde de la yoggeuse

Depuis le balcon où je déjeune quotidiennement, je la vois passer faire son yogging, deux trois-fois par semaine. Avant de traverser la rue, elle saisit systématiquement une gourde attachée à sa ceinture.

Elle avale quelques gorgées avant de se passer de l’eau sur les bras, la nuque et sous les aisselles.

Si j'étais une goutte dans sa gourde, ça me ferait chier d'être bue.

dimanche 4 octobre 2009

Les neuf immanquables de Sonorama ou la phobie du murmure

Sonorama @ Besançon, du 8 au 11 octobre 2009

Derrière un nom qui fleure bon le radio-crochet sixties, Sonorama est, selon ses directeurs artistiques, « une tentative de déstabilisation sonore des espaces communs ». Et ouaie. Du 8 au 11 octobre, plus d'une quarantaine d'artistes investiront donc Besançon, à des moments de la journée plus ou moins conventionnels. Genre guérilleros du son.

Face à cette programmation pléthorique, le dépôt d'un jour de récup' - si vous avez shooté tous vos congés pour aller à la Grande-Motte cet été, reste la coke - et un travail de sélection peuvent s'avérer opportuns.

Choisir ? Sueur. Doute. Déception. Au restau, je suis le Francis Perrin de la carte se retrouvant invariablement avé une bouse dans l'assiette, pendant que les potes se pètent la panse. Là, j'ai donc fait appel à la plus chargée de mission culturelle de mes connaissances, afin de dresser la liste des immanquables de Sonorama. Ce qui ne veut pas dire que le reste est manquable, hein.

Walors :

1. Jeudi 8, 18h00 - 18h07 @ Gare d'eau : La Mascleta de Xarxa Teatre, un crescendo sono-pyrotechnique qui fait sortir l'esprit du corps, en 7 minutes seulement.

2. Vendredi 9, 7h00 - 8h30 dans un quartier seurpraïse : Générik Vapeur balade son Opéra Poubelle dans un camion de ramassage d'ordures ménagères, histoire de réveiller la ville. Ceux qui rateraient ça peuvent toujours se rabattre sur L'Éboueur de Pigalle.

3. Vendredi 9, à croiser dans les rues (8h30 – 17h00) et samedi 10 (11h00 – 13h00 et sur la Place Pasteur, à midi) : Le Phun et son Père Courage, cheval d'acier, à la croisée du bestiaire de Royal de Luxe et des écorchés du Docteur Gunther von Hagens, sillonneront la ville pour mettre un coup de sabot au coin de la gueule de la Mort. C'te bitch voudrait imposer le silence à la ville.

4. Vendredi 9 (7h00 – 18h00) et samedi 10 (10h30 – 17h00) dans les bus du réseau Ginko : Les Souffleurs, commandos poétiques, murmurent des secrets littéraires, philosophiques ou poétiques dans l'oreille des voyageurs Ginko, à l'aide de canne creuse. Bon, ça je le laisse parce la plus chargée de mission culturelle de mes connaissances m'en a parlé hein. Comme j'ai la phobie du murmure dans le creux de l'oreille, la première personne qui approche à moins de deux mètres de moi, avec une canne, creuse ou pas, je la sèche.

5. Vendredi 9, 21h00 @ Place de la Révolution : Acid Brass par le William Fairey Brass Band. Là, c'est du lourd. Un orchestre de cuivre, 9 fois champions de Grande-Bretagne du genre, qui intègre des sonorités d'acid house. En gros, c'est comme si Les Virtuoses (l'extrait je chiale à chaque fois) débarquaient dans Trainspotting. De quoi être doublement client.

6. Samedi 10, départ à 8h00 de l'église de la Madeleine et arrivée, à 8h45, place du 8 Septembre : Xarxa Teatre bat le rappel histoire de commencer la fête dès la première heure, en croisant les noctambules qui prennent le café avant d'aller se pieuter. Pour les riverains peu sensibles au charme catalan de la teuf matinale, il reste les boules Quiès ou s'installer dans un pavillon quelque part. Et y rester.

7. Samedi 10, 20h00 @ Place de la Révolution : I Dance par Pierre Giner et Mr Scruff. Certes, on pourrait parler des DJs placés au sommet d'un phare construit sur la fontaine de la place ou encore des personnages en 3D dansant sur la façade du Musée au rythme du mix. IL Y AURA SURTOUT UNE FUCKING BOULE A FACETTES DE 6 METRES DE DIAMETRE.

8. Dimanche 11, 19h00 : G178, par Générik Vapeur et Xarxa Teatre qui convergent vers la Place de la Révolution, en partant respectivement de l'église de la Madeleine et du pont de la République. Du massive-théâtre de rue dans ta gueule avec pyrotechnie, zique et vidéo. Et pourquoi G178 ? Parce que pas G20.

9. Les trois nuits à la friche (8€/10€) @ Prés de Vaux : en gros, du live, des DJs sets, des performances graphiques, du rock, du hip-hop et de l'electro. Jeudi 8 (22h00 - 5h00), c'est wockenwoll, sous influence electro ou hip-hop, avé DJ Krush, entre autres. Vendredi 9 (22h30 - 5h00), c'est hip-hop avé notamment Raekwon du Wu Tang Clan. Enfin, samedi 10 (22h30 – 5h00), c'est electro sous le haut-patronage de Carl Craig, premier artiste du genre à avoir sorti un album sur le label Deutsche Grammophon, jawohl.

Wallez, je vous mets un petit supplément spécial « Francis la Poisse » :

A croiser dans le centre-ville, vendredi 9 et samedi 10 (13h00 – 20h00) et dimanche (13h00 – 19h00) : Bumpers Breakthrough par Impala Utopia. Des DJs se baladent au volant d'une Chevrolet Impala break de 1968. Vé, ils pourraient passer Frédéric François ou Cloclo qu'ils auraient la classe... Là, il y a notamment une djaméikane-selecta par DJ Feet de l'asso Uppertone.

Vendredi 9 (18h00 – 23h30) @ Cour du Palais Granvelle : Elektrophonie et Spécimen Urbain dressent un panorama de la musique electro. Bon, on aura forcément une préférence pour les sets dubstep.

Du jeudi 8 au samedi 10 (14h00 – 17h00) et dimanche 11 (13h00) en performance et du jeudi 8 au samedi 10 (9h15 – 12h00 et 14h00 - 18h00) et dimanche 11 (10h00 - 18h00) pour les installations sonores @ Musée du Temps : Phono Parade par DJ Archaik qui, avec son vieux tourne-disque geignard, ressuscite le tubasse tombé aux oubliettes. Bass-fidelity rulez !

Photo /// DR.